Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 19:00

        Le film présenté dans mon article précédent - Le Chat, - est bien triste, je le reconnais, parfait pour un dimanche soir en noir et gris. Afin de retrouver l'espoir au début de cette nouvelle semaine, voici un poème de Maurice Carême...

Le chat ouvrit les yeux

Le soleil y entra

Le chat ferma les yeux

Le soleil y resta.


Voilà pourquoi le soir

Quand le chat se réveille

J'aperçois dans le noir

Deux morceaux de soleil.


Maurice Carême (1899-1978), "Le Chat et le soleil" dans L'Arlequin (1970).

→ Rencontrez "le chat qui aimait trop les livres".

♥ Lire mon article sur L'Histoire du chat par Laurence Bobis.

Par Dam - Publié dans : Le chat qui aimait trop les livres
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 20:45

Le chat, c'est le titre de ce film.

Il n'est pas au coeur de l'histoire mais partout, dans les regards, dans les silences, dans les lenteurs, dans les brusqueries, dans les petites cruautés, dans les grands sentiments, dans les coeurs...

Fidèle à la cruauté poisseuse du roman de Georges Simenon, Pierre Granier-Deferre jette ces fragments de vie comme autant de bris de verre sous les pas du spectateur.

> Voir les références du roman de Georges Simenon, en livre de poche.

Autrefois, Julien (Jean Gabin) était un avenant typographe ; Clémence (Simone Signoret), une jolie trapéziste. Ils forment un couple dont l'amour se dissout dans la gnôle et le vinaigre. Vingt-cinq ans plus tard, les voilà changés en ennemis jurés, usés et amers. Clémence, jalouse du chat bien-aimé de Julien, finit par tuer l'animal. Depuis, le couple ne se parle plus...

La banlieue était jadis riante ; en même temps que ce couple, la maison sombre lentement, navire à la dérive au milieu des ruines et du vacarme agressif des chantiers. Dans ce dérisoire camp retranché, les souvenirs se mêlent au présent avec une fétide lenteur. Gabin et Signoret s'affrontent magistralement : magnifique interprétation de la passion à sa dépouille glacée, au crépuscule d'une vie de couple. Et le petit chat, sur qui reposait tout ça, est mort.


Le Chat, film français de Pierre Granier-Deferre, 1971, 1 h 25, avec Simone Signoret, Jean Gabin et Annie Cordy.

Par Dam - Publié dans : Leurs vies en films
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 06:00

        Mel Tormé nous a quitté il y a 10 ans. J'avoue que je ne le connaissais pas, avant la lecture du Jazz magazine d'avril 2009 (n° 602) consacré aux voix à suivre...

Mes derniers articles de la série sont surtout consacrés à des voix féminines et c'est effectivement par elles que je suis entré dans l'univers du jazz.

Autres voix, autres vies (1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6).

Mel Tormé (né à Chicago en 1925 - mort à Los Angeles en 1999) fait donc partie de ces rares chanteurs de jazz qui me touchent à ce point. Et le fait qu'il ne fut pas seulement chanteur, mais aussi pianiste, batteur, compositeur et parolier, me rend encore plus admiratif. À quatre ans, il chantait à la radio ; à neuf, il fut acteur ; à quinze, compositeur de chansons. Une fois libéré de ses obligations militaires, en 1944, il monte une formation vocale, Mel Tormé And His Mel-Tones. À la fin des années 1940, devenu populaire, il commence une carrière de soliste, se produisant aussi bien à la radio qu'à la télévision, au cinéma et en cabaret.

Mel Tormé ne possède sans doute pas le talent de Franck Sinatra mais, parfaitement maître de sa voix, il est dans sa catégorie des crooners celui qui est le plus en sympathie avec le jazz. Son timbre vocal lui valut d'être surnommé "The Velvet Fog" (Le brouillard velouté). L'élégance de son phrasé, son savoir-faire harmonique, son acuité rythmique (de batteur), expliquent le succès de sa carrière. Son passage éclair à la Grande Parade du Jazz de Nice, en 1981, fut une révélation pour beaucoup.

♥ La vidéo suivante (3'45) est extraite d'un concert donné lors du festival Fujitsu - Concord Jazz du Japon (1988). Mel Tormé, à 63 ans, s'y révèle un épatant showman qui met à profit toute son expérience pour nous filer la pêche... Et avec une telle aisance ! Admirez comment sa voix joue avec l'orchestre, joue tous les instruments, jusqu'à nous faire fondre dans sa musique. C'est captivant !



♥ Cette révélation m'a donné envie de remonter le temps et de partager avec vous d'autres facettes de cette voix signée "The Velvet Fog" ainsi que ses talents de batteur. Pour éviter tout désagrément lors de l'écoute, je vous conseille d'attendre le chargement complet de la vidéo suivante.

Par Dam - Publié dans : Eh bien dansez maintenant !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 06:00

        Dans le livre de Michel Pastoureau sur Les Animaux Célèbres, révélatrice est l'absence quasi-totale des insectes. Seule l'abeille parvient à tirer son épingle du jeu et sa présence, parmi autant de quadrupèdes, met en lumière différents critères entraînant la "célébrité" d'un animal.

Lire mon article sur Michel Pastoureau, Les Animaux célèbres.
♥ Ce nouvel article reprend le chapitre sur "Les abeilles de Napoléon", p. 245-250.


        Domestiquée depuis la protohistoire, l'abeille est associée dans de très nombreuses cultures à l'idée de labeur, de patience, de courage, d'intelligence et d'organisation. Elles produisent le miel et la cire, deux produits qui jouent un rôle considérable dans les sociétés anciennes. Aux qualités de l'abeille, le miel ajoute une idée de douceur, de pureté et de félicité ; et la cire, celle de mémoire. Voilà donc un animal qui est presque toujours considéré de manière positive. Les auteurs grecs et romains louent sa sobriété, son ardeur au travail, sa propreté, sa discipline, son sens de l'ordre et du bien commun. On l'oppose à la guêpe et au frelon, qui sont voraces, paresseux, inutiles et voleurs.

        Le christianisme reconnaît aux abeilles toutes les vertus. Les Pères de l'Église les proposent comme modèles aux moines : ils comparent la ruche au monastère où doit régner l'ordre, le silence, le travail, la propreté et l'obéissance. Ils mettent également en valeur la chasteté de l'abeille, qui selon eux ne s'accouple pas pour procréer mais recueille dans la rosée les semences qui donneront naissance à ses enfants. Pour saint Ambroise et saint Augustin, l'abeille est ainsi l'image même de la virginité.

        Les images de la Renaissance et de l'art baroque ajoutent à toutes ces idées une dimension nouvelle, en comparant la ruche à un royaume dont les abeilles sont les sujets et dont leur roi est le souverain (aux XVIe et XVIIe siècles, on croit encore que les abeilles ont un roi et non une reine). Cette dimension royale empêche la Révolution française de faire pleinement de la ruche et des abeilles un de ses emblèmes, malgré plusieurs propositions par différents députés.

        Quelques années plus tard, la dimension royale de l'abeille séduit Napoléon...

        Au printemps 1804, Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, songe à instituer un nouveau régime impérial et à doter celui-ci d'emblèmes et de symboles nouveaux. Parmi les différents animaux qui lui sont proposés (éléphant, lion, aigle, coq), les abeilles ont sa faveur particulière : "Elles sont l'image d'une république qui a un chef".

        Au-delà de la métaphore toute symbolique, le choix de Napoléon repose sur des motivations plus scientifiques et idéologiques. Le futur empereur veut rattacher le nouveau régime à une dynastie royale qui avait gouverné la France, avant celle des Capétiens - détrônée par la Révolution. Si l'aigle impérial associe la mémoire de Charlemagne au nouveau régime, les abeilles, remontant plus loin encore, rappellent le souvenir des Mérovingiens, c'est-à-dire de Clovis et de sa lignée.

        Que vient faire la science dans cette affaire ? Si un lien est établi entre Napoléon et les abeilles mérovingiennes, c'est à partir des découvertes archéologiques du XVIIe siècle et de l'érudition des historiens du début du XIXe siècle. Beaucoup d'entre eux, en effet, s'accordaient pour voir dans cet insecte vertueux et bénéfique un des emblèmes royaux mérovigiens. Ils se fondent sur la découverte, en 1653, à Tournai, de la tombe du père de Clovis, Childéric Ier, roi des Francs saliens, mort en 481. Parmi l'abondant matériel funéraire retrouvé dans cette tombe figurait une trentaine de petits joyaux émaillé ayant la forme d'un insecte. Ces joyaux avaient peut-être parsemé le manteau dans lequel le roi défunt avait été enseveli. Les érudits de l'époque avaient vu dans cette figure une abeille, symbole supposé de souveraineté, et depuis lors, personne ne les avaient contredits. L'ensemble du matériel funéraires (armes, bijoux, talismans, etc.) fut offert en 1665 à Louis XIV par l'empereur Léopold en remerciement de son aide militaire dans la lutte contre les Turcs. Ce trésor était encore visible par Napoléon, en 1804, au Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale (anciennement royale). Il fut, malheureusement pour nous, dérobé par des voleurs en 1831.

↑ Deux exemplaires de ces joyaux nous sont tout de même parvenus, mais les spécialistes, aujourd'hui, ne sont plus tout à fait sûrs qu'il s'agisse réellement d'abeilles : mouches, hannetons, cigales (symbole d'immortalité pour les Germains qui l'aurait emprunté aux peuples des steppes d'Asie) ? Peu importe ici : nos érudits de l'époque y voyaient des abeilles et certains proposaient même de voir en elles les ancêtres des fleurs de lis capétiennes. Ces abeilles devinrent alors, avec l'aigle, un des emblèmes du nouveau régime fondé par Napoléon Bonaparte. Dans ce choix, le rôle de Dominique Vivant Denon (1747-1825), alors directeur de la Monnaie et directeur du Museum central des Arts, fut sans doute décisif.

        Même si elles furent plus discrètes que l'aigle, Napoléon porta ses abeilles sur son grand manteau de pourpre le jour de son "sacre" et demanda à ce qu'elles soient présentes, non seulement sur les tentures de ses palais, mais aussi sur celles des tribunaux et des administrations impériales. On pouvait également les voir sur certains drapeaux. Elles étaient toujours d'or et disposées en semé, comme autrefois les fleurs de lis des rois de France. Cela permettait au nouvel empereur d'établir un lien visuel avec l'héraldique des souverains qui l'avaient précédé.

↑ Si l'aigle est au centre, les abeilles parsèment le manteau de pourpre. On retrouve, avec ces symboles de la souveraineté impériale, la couronne, le sceptre, la main de justice et le collier de la Légion d'Honneur.



         ◊ Ce que nous apprend cette histoire d'abeilles, c'est la manière dont un animal, même insecte, peut acquérir une "célébrité" historique et mériter ainsi de figurer dans la liste rédigée par Michel Pastoureau.

1. L'abeille est d'abord un animal utile jouant un rôle nourricier dans nombre de sociétés. Les hommes, l'adoptant ainsi comme animal-outil, lui reconnaissent des mérites.

 

2. Aux animaux sont associés des valeurs, qu'elles soient positives ou négatives. Or l'abeille est surtout associée à des valeurs positives. Celles-ci sont d'autant plus ancrées en notre esprit qu'elles sont exprimées et renforcées par la religion chrétienne.

3. Dans la société des animaux, qu'ils soient considérés comme dieux ou simples symboles, se reflète la société des humains. Des animaux-rois se distinguent, tels que le lion, l'ours, l'aigle... L'abeille est également associée à la souveraineté, et la société des abeilles servait, déjà dans l'Antiquité, de modèle.

4. L'animal peut aussi entrer dans l'histoire dans la mesure où il est révélateur d'une époque. Les abeilles, parce qu'elles furent associées aux rois mérovingiens - même si c'est à tort - furent reprises par Napoléon. Et dès lors, le destin de l'abeille fut d'autant plus glorieux que glorieux fut le destin de Napoléon. Tous les animaux n'ont pas eu cette chance d'avoir ainsi été choisis par un homme devenu culte !

Par Dam - Publié dans : Les animaux aussi
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /Juin /2009 05:00

Difficile de trouver des informations sur Gloria Wood qui unit ici sa voix aux trompettes de Pete Candoli et de Conrad Gozzo. Le titre "Hey Bellboy !" est un bon vieux jeu de mots évoquant à la fois les conversations intimes au téléphone (bell) et l'enfer où nous élèvent charmants garçons (hell boy) et pin-up des années 1950. Ce bon vieux jeu de mots constitue, en fait, les seules paroles de cette chanson...

C'est en juin 1953, à Los Angeles, que ce titre est enregistré. Le 45-tours semble aujourd'hui difficile à trouver ; heureusement, une vidéo sur YouTube permet de goûter aux unissons "sexy" voix-trompette de Gloria Wood et Pete Candoli sur des images de jolies filles pendues à leur téléphone. Le comble du chic serait de télécharger ce tube des fifties sur son téléphone portable... Puis d'appeler son petit copain : "Hey Bellboy !" Le risque est bien sûr qu'il se demande si vous le prenez pour une "cloche" (bell) ou pour un boy à votre service !

Les ascensions suraïgues de Gloria Wood annoncent celles de Christine Legrand (soeur du compositeur Michel Legrand) qui ont magnifié quelques morceaux d'André Hodeir et des bandes originales de films (parmi lesquels Les Parapluies de Cherbourg).

Mais qui connaît Gloria Wood ?
Je suis tombé sur un article du Time du 26 mai 1958 pour en savoir plus. On y apprend que Gloria Wood est une jolie fille pétillante aux cheveux auburn dotée d'exceptionnelles qualités de chant. Grinçante ou sucrée, elle prêta sa voix à de nombreux spots publicitaires. Pas de souci d'argent pour Gloria ! "I like making money" admet-elle, "But I'd like to be known for all the things I've done. Nobody knows Gloria Wood !" Comprenons bien qu'à l'argent, Gloria préfère la gloire...

Et quelle gloire ? Tapez Gloria Wood sur Google et vous verrez s'afficher en premier la vidéo suivante :


Gloria Wood est également connue pour son interprétation de la chanson de Woody Woodpecker (avec Kay Kyser, années 1940).


Sa voix participe à des ballades romantiques comme à des dessins animés de Walt Disney. Dans Hey Hellboy, on retrouve d'ailleurs certains accents qui nous font penser ou bien à des créatures pulpeuses de Tex Avery, ou bien à Marilyn Monroe, pour qui elle chanta dans River of No Return.

Voir la fiche IMDb de Gloria Wood.


♥ Retrouvez les précédents articles de la série Autres voix, autres vies, en cliquant sur le lien correspondant, en bas de page ↓.

Par Dam - Publié dans : Eh bien dansez maintenant !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 06:00

        Entre les deux derniers livres d'Histoire que je me suis procurés (Jeanne d'Arc de Colette Beaune et Les Animaux célèbres de Michel Pastoureau), il y a un lien fondamental. Dès l'introduction de leurs ouvrages, les auteurs préviennent :

→ Colette Beaune, p. 9 : "Ce qui n'est ni forcément vrai ni réel a en histoire une énorme importance."

→ Michel Pastoureau, p. 12 : "L'imaginaire semble avoir dans ma sélection plus de place que la réalité. Mais l'historien ne doit jamais opposer trop fortement l'imaginaire et la réalité. Pour lui, comme du reste pour l'anthropologue ou le sociologue, l'imaginaire fait toujours partie de la réalité."

        Je n'illustrerai ces mots que par deux exemples, l'un relatif à Jeanne d'Arc et l'autre à la louve romaine.

→ Si tu me demandes : "Est-ce que Jeanne d'Arc a bien entendu des voix ? Est-ce que ces voix ont réellement existé ?" Je répondrais : "Cela n'a aucune importance, car ce qui compte, c'est que Jeanne et ses contemporains y ont cru : les voix sont un fait historique incontestable, qu'elles aient existé ou non, elles ont fonctionné comme du vrai."

→ Si tu me demandes : "Quelle était cette louve romaine qui allaita les jumeaux Romulus et Rémus, fondateurs légendaires de Rome ? A-t-elle existé vraiment ?" Je répondrais : "Peu importe qu'elle aient ou non existé : image sacrée placée aussi bien dans les temples et les tombeaux que sur les monuments et les monnaies, elle a constitué pendant un millénaire une figure protectrice rappelant le souvenir de la fondation de Rome."

Des expressions me viennent alors à l'esprit, de "trop beau pour être vrai" à "la réalité dépasse la fiction". L'historien qui ferait le tri entre les faits réels et les images de légendes, comme pour séparer du bon grain l'ivraie, ferait une redoutable erreur de méthode. Il est en effet nécessaire, pour récolter le vrai, de moissonner aussi le faux.

♥ Liens à mes articles sur Jeanne d'Arc (sans portrait 1sans portrait 2).

♥ Liens :
 - à mon article sur la louve romaine ;
 - à mon compte-rendu du livre de Michel Pastoureau, Les Animaux célèbres.

Par Dam - Publié dans : Passé Présent
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 06:00

        En début d'année se tenait, au musée Rodin, l'exposition "La Passion à l'Oeuvre, Rodin et Freud collectionneurs". Le sculpteur et le psychanalyste étaient associés pour leur passion, partagée, de l'Antiquité. Auguste Rodin proclamait : "L'Antique est la vie même" ; Sigmund Freud avouait avoir lu "plus d'ouvrages sur l'archéologie que sur la psychologie." D'où les six mille pièces antiques collectionnées par Rodin, les trois mille statuettes (égyptiennes, grecques) de Freud.

        Auguste Rodin, en artiste, amasse selon son tempérament, suivant son instinct du beau ; Sigmund Freud, lui en homme de sciences, exigeant des preuves. Ce dernier compare les collectionneurs (dont il fait ainsi partie) à des répliques de Don Juan. Comme l'archéologue, il met à nu plusieurs couches de la psyché de son patient, avant de parvenir à ce qui est le plus précieux, mais le plus profondément enfoui... Rodin, lui, en reçoit une incitation créatrice : "Ces dieux mutilés m'instruisent, ils sont animés et je les anime encore plus." Il réalise des moulages qu'il greffe sur des supports évasés, selon un principe d'association libre qui rappelle l'interprétation des rêves par l'inventeur de la cure analytique.

        Parmi les pièces exposées au Musée Rodin, celle qui me touche beaucoup est "La naissance de Vénus dans un vase tubulaire" (que vous pouvez contempler en cliquant sur le lien mis en bas d'article). Il s'agit d'un assemblage réalisé entre 1895 et 1910 de plâtre et de céramique antique. Le réemploi du vase antique serait, aux yeux des conservateurs, un véritable sacrilège. Mais cette association, évoquant d'autres montages surréalistes dont l'art est fertile, ravive un objet du passé, un récipient du quotidien et un mythe tout aussi fertile que celui de Vénus, déesse de la beauté. Que de la coupe naisse cette féminine ivresse, me voilà inspirée et prêt à me plonger dans quelques rêves freudiens !

La Naissance de Vénus dans un vase tubulaire, de Rodin, entre 1895-1910, exposé au musée Rodin, Paris.

Par Dam - Publié dans : Passé Présent
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Des mots entre nos chairs

Notre plaisir tient à ce baiser mêlant aux mots des autres nos propres mots pour composer des chairs, des chairs qui, entre nous, pourraient nous rendre légèrement sensibles. Alors bienvenue sur ces rives où Dam & son coblogataire Pignouf vous accompagnent.

De leur écriture.

Et n'oubliez pas de balancer votre petit caillou pour en compter les ricochets. On ne sait jamais, peut-être bien que l'Auzette...

Quelques notes de passage

Un mot plus haut

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus