Le syndrome du Lundi matin

Publié le par RanDom



Un de mes films préférés. Et Venise.
Cette affiche de cinéma inaugure une rubrique de mon blog.

Voir la notice du film dans Télérama.
Lire un article intéressant sur "Jean-François qui rit et Otar qui ricane" "Mischka et Lundi matin ont un point commun : l’amour du cinéma buissonnier "
sur le site de
L'Humanité

Qui n'a jamais eu envie de s'enfuir pour toujours, d'échapper à son passé autant qu'à son avenir tout tracé ? Qui n'a pas eu envie de changer de vie, de faire un détour qui se prolongerait à jamais ? Chez moi, j'appelle ça le "syndrome du lundi matin" depuis que j'ai vu ce film : le héros décide de partir à Venise au lieu de se rendre au travail. Et c'est vrai : comment résister à l'appel de la lagune, pourquoi s'user à l'usine ? Non pas que je vous incite à franchir le cap, à vous évader, ce que j'ai pu moi-même tenter de faire et ce qui m'a effectivement libéré de ce syndrome. Céder à la tentation, au moins pendant le temps nécessaire pour se rendre compte que la tentation existera toujours et qu'il paraît vain d'y céder... A moins d'être, décidément, suicidaire. On en revient à la question d'Albert Camus : "la vie vaut-elle la peine d'être vécue ?"

Pour le savoir, ou bien se lever le lundi matin et se rendre au boulot en son âme et conscience, ou bien emprunter des chemins détournés en son rêve et inconscience ; les deux méthodes n'étant pas incompatibles et les vacances offrant une alternative à la fugue !

Chaque lundi matin, au lieu d'envisager le travail qui m'attend, je rêve d'une aventure qui pourrait remplacer l'usine... D'un côté Tonio et ses histoires coûteuses, de l'autre les promesses de profit. A part une fois, première, dernière, unique fois, je me résigne toujours : si les lundis matins n'existaient pas, les rêves d'évasion n'existeraient pas plus. Cette façon de penser doit avoir un nom autre que la lâcheté, j'espère.

Ma thérapie est toute cinématographique : traverser un grand écran dans une salle obscure me permet d'échapper un temps à ma condition sociale, de réaliser la fugue idéale, de sauvegarder une partie de mon âme en même temps que je sauvegarde et fabrique mes rêves. Vous comprendrez alors que ma séance de cinéma se déroule chaque dimanche soir...

Le premier film que j'analyse en même temps que je m'analyse, dans le cadre de cette rubrique, est Le Couteau dans l'eau, film de Roman Polanski.

Publié dans Archives

Commenter cet article