Gares après gabares

Publié le par RanDom

Au fil des siècles, la Loire a connu une activité intense et les embarcations à rame, à voile, puis à vapeur et à moteur se sont multipliées.

Voir une toue cabanée

Dès le XVIe siècle, le fleuve est un axe majeur de communication. Mais au XIXe siècle, le chemin de fer sonne le glas de cet univers. Si des passionnés remettent en lumière notre exceptionnel patrimoine nautique, les canaux avec leurs péniches et les lignes ferrées avec leurs locomotives tissent aujourd'hui un réseau qui fit péricliter l'économie des traditionnelles rivières navigables.

J'emprunte très régulièrement le train pour sillonner les paysages du Sud-Ouest de la France. Je suis vite devenu un admirateur de deux gares : celle de Limoges Bénédictins que je vois de mon quartier d'Auzette, et celle de Tours qui est devenu l'un de mes lieux de pélerinage. Je considère ces deux gares comme des cathédrales du XIXe siècle, remplaçant les lignes verticales du gothique par les lignes horizontales du fer et de l'acier. Il n'est pas anodin que ces deux sites, dans ces villes, soient considérés comme des monuments historiques, dignes d'être visités par les touristes et autres voyageurs...
La gare de Tours vue depuis la rue de Bordeaux (voie piétonne et très passante). Et à gauche, la patisserie où vous pourrez acheter une bonne brioche pour votre maman...
La ville de Tours se développe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque la monarchie fait établir de grands travaux d'urbanisme. Le pont Wilson (1764-1778) ouvre une large voie Nord-Sud, futur axe de développement de Tours. Les quatre arches sud de ce pont s'écroulent le 25 janvier 1789 (signe de mauvais augure pour la monarchie ?) Après le recours à un bac pour traverser la Loire, le pont est refait sous l'Empire (1810).
Au XIXe siècle, le développement de Tours est lent : on construit, on s'embellit, mais on s'industrialise peu. Le chemin de fer arrive quasiment au centre de la ville, à quelques pas de l'Hôtel de Ville et du Palais de Justice, le coeur politique et commerçant de la cité. Ce chemin de fer agit comme un stimulant. La gare de Tours est doublée par celle de Saint-Pierre-des-Corps, entraînant un regain d'activités. Le TGV permet de relier Tours à Paris (env. 3/4 d'heure) et à Bordeaux (env. 2 heures), en passant par Poitiers.
Le concepteur de la gare est l'architecte tourangeaux Victor Laloux (1850-1937). La gare fut construite entre 1896 et 1898, réunissant le simple débarcadère de 1846 (détruit en 1895) et la gare de Vendée desservant les Sables-d'Olonne.

L'intérieur de la gare fut réhabilitée et la façade restaurée tout récemment. Des feuilles d'or furent posées comme le prévoyait le projet de base de Victor Laloux. La gare associe quatre matériaux : la pierre, le fer, la fonte et le verre.
Cette photographie est prise depuis le parvis. Cette place ombragée et rafraîchie par les jets d'eau d'une fontaine moderne (l'eau étant un élément du décor s'accordant parfaitement au métal) est l'interface entre la voie ferrée et la route : les voies de taxis se trouvent  juste à la sortie, puis on trouve la gare routière avec tous les cars pour l'Indre-et-Loire et la région Centre ; enfin, pour les particuliers, le parking souterrain est juste en-dessous de mes pieds...

Des infos pratiques ici.

Pour voir la gare de Limoges Bénédictins, cliquer ici.

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marj 28/09/2008 19:45

Ne pas oublier qu'il y a un train pours Voves à 12h18...