Pignouf nous susurre une berceuse calabraise

Publié le par RanDom

“Pignouf, tu dors ?

-          Comment veux-tu que je dorme ? Avec ton article sur la guillotine, il m'arrive parfois des nausées...

-          Eh bien, tu n’as qu’à penser à autre chose, je ne sais pas moi...

-          C’est ça, depuis avant-hier, tu ne parles que de mort. Auschwitz... Tu veux que je fasse des cauchemars, tu veux me dégoûter de ce blog pour que je parte en squatter un autre ?

-          Mais non, Poufigne, tu sais que je t’aime bien... Moi non plus, je n’arrive pas à m’endormir !

-          Oui, toi, c’est la reprise du travail qui ne te laisse pas tranquille.

-          T’as raison, dis, tu te souviens de la berceuse calabraise ?

-          La berceuse que nous a chantée Rose bleue ?

-          Oui, tu t’en souviens, tu peux la chanter ?

-          Attends, c’est que je ne maîtrise pas l’italien, encore moins le calabrais...

-          Allez...

-          Je peux essayer, si vraiment tu y tiens.

-          J’y tiens, Pignouf, j’y tiens.”

 

Et la voix de Pignouf, vous ne la connaissez pas. Au début, elle est ridicule.

Au début seulement. Parce qu’après, on écoute la chanson.

Et dans ma tête, j’improvise les bras d’une mère qui me bercerait.

 

Dormi, dormi,
dormi RanDom meu, dormi contentu,
ca chista è l'ura,
chisto è lu momentu,
e veni, sonnu,
veni, pigghiatillu
a 'stu fighiolo piccirillu.

 

Bien sûr, il n’y a pas de musique, sur la voix de Pignouf. Du moins au début, parce que très vite, la musique me vient suivant les mouvements de bras de cette femme qui me berce.

 

“Une seule femme, RanDom ? Quelle blague ! Elles sont quatre à te bercer, quatre Grâces, belles et orgueilleuses, au tempérament de feu...”

Enza Prestia, Cristina Vetrone, Lorella Monti et Enza Pagliara forment le groupe Assurd qui nous fait découvrir les chants traditionnels de Naples et de l’Italie du Sud (chants de travail, danses traditionnelles, tarentelles...) Elles utilisent les percussions (dont la tammorra) et l’accordéon diatonique et dégagent, avec leur voix puissantes, une impressionnante puissance scénique. D’où leurs concerts joyeux, l’énergie, la fête et l’exaltation de la beauté des femmes de tous les Suds.

 

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Retrouvez ces quatre femmes sur le site d’Assurd :

Enza Prestia, voix, tammorra, tambourin et guitare

Cristina Vetrone, voix, accordéon diatonique, tammorra

Lorella Monti, voix, tammorra, castagnettes et danse

Enza Pagliara, voix, tambourin, castagnettes et danse

 

« Eh, RanDom, tu dors ?

-          Hein ? Euh… non, je rêvais, excuse-moi, Pignouf.

-          Alors je peux recommencer ! »

 

Dormi, dormi,
dormi RanDom meu, dormi contentu,
ca chista è l'ura,
chisto è lu momentu,
e veni, sonnu,
veni, pigghiatillu
a 'stu fighiolo piccirillu.

 

l_2d24d99a3a357f52edcaec52cfed8212.jpgJe ne sais pas pourquoi, mais la mère me berçait si vivement, cette fois-ci, que me vinrent des accès d’accordéon diatonique. Je me représentais maintenant un petit village calabrais, entre mer et campagne, près de Crotone. Et un musicien autodidacte. Par exemple, Tonino Cavallo. Il est chanteur, musicien et se prend très tôt de passion pour le patrimoine musical de sa région. Je m’imagine l’accompagnant, de village en village pour enregistrer les anciens, les bergers. Il m’apprendrait le tambourin, la chitarra battente et l’organetto diatonico.

 Tonino Cavallo a enregistré plusieurs disques, avec tarentelle (musique traditionnelle du Sud de l’Italie), mais aussi avec ses propres textes et compositions. Il créa la formation Tara Banda et a participé au projet Pizzica & Jazz de Nico Morelli. Avec ce dernier, il tourne pour le disque « Un[folk]ettable » (2006, Label Cristal Records, diffusion Harmonia Mundi). Aux dernières nouvelles, il étudiait la Lira calabrese.

 

« Eh, Pignouf, tu dors ?

-          C’est toi qui me parles, RanDom ?

-          Ben oui, qui voulais-tu que ce soit ?

-          Préviens, RanDom, avant de parler, j’étais bien, là ! Tu me déranges.

-          Comment veux-tu que je te prévienne, si je ne peux plus te parler ? 

-          Tu me déranges, RanDom, je ne peux pas te parler, je chante. »

 

Dormi, dormi,
dormi RanDom meu, dormi contentu,
ca chista è l'ura,
chisto è lu momentu,
e veni, sonnu,
veni, pigghiatillu
a 'stu fighiolo piccirillu.

 

 

Et la voix de Pignouf, elle est ridicule, mais puisque vous ne l’entendez pas. Et il chante faux ! Quelle chance que vous ne l’entendiez pas ! Voilà maintenant qu’on me berce trop près des murs. C’est calabrais, ça ? Je pense à l’art de Gari, je pense à Gregory La Cava. Je pense que je ne suis jamais allé tout au Sud de l’Italie. Et que pense Pignouf, en susurrant sa berceuse calabraise ? A-t-il peur de se prendre la botte de la Calabre aux fesses. Pourquoi sa voix se fait-elle si faible à présent ?

 

« C’est pour que tu entendes le piano, RanDom.

-          Quel piano, hein, Pignouf ?

-          Chut, écoute. »

 

Il y avait les percussions, il y avait les cordes et les voix, j’attendais le piano que Pignouf m’annonçait. Et le piano de Nico Morelli arriva.

 

« Tu sais qui c’est, Nico Morelli ?

-          Pizzica & Jazz Project, c’est juste ce que je connais. »

 

Il suffit d’écouter.

 

« Eh, tu m’écoutes, RanDom !

-          Je t’écoute, Pignouf !

-          Et tu comprends le calabrais, toi ? Parce que moi, je ne sais même pas ce que je chante !

-          Du moment que tu me berces, Pigne, la musique est universelle s’il n’y en a pas qu’une.

-          Et qu’est-ce que ça t’évoquerait, si je chantais en français ? »

 

Fais dodo, Colas mon p'tit frère…

 

« Mais t’es pas fou, Pignouf ! Une berceuse calabraise, on ne la chante pas en français ! » Tu veux nous trahir. Tu veux avoir la ‘Ndrangheta à nos basques ?

-          Alors on peut quand même faire appel à Marc Perrone, pour du jazz et du folk en français…

Guiling Guili                                   [Cliquer sur Guili Guili dans la boîte à muses]
J'vais chatouiller la mort
Guiling guilin' guili
Dans son petit lit
Guiling Guili
C'est pas un lit
Guiling Guilin' Guili
C'est une boîte
Guiling Guili
Qu'on met dans la terre
Guiling Guilin' Guili
C'est pas quand on dort
Guiling Guili
C'est quand on est mort
Guiling Guilin' Guili
On ne voit plus jamais le jour
Guiling Guili
C'est pour toujours...


-          Oui, avec l’accent de l’accordéon diatonique. Mais reprends donc tes esprits, Gnouf ! »

 marc_G07.gif

Dormi, dormi,
dormi RanDom meu, dormi contentu,
ca chista è l'ura,
chisto è lu momentu,
e veni, sonnu,
veni, pigghiatillu
a 'stu fighiolo piccirillu.

 

« Eh, RanDom, tu dors ?

RanDom ?

Comment je fais moi, si toi tu dors et que j’ai maintenant l’image de la mannaia, de la mafia, de la ‘Ndrangheta, à la place de la guillotine. RanDom ?

Tu ronfles.

-          Et alors ?

-          Cela nous fiche mal, dans notre article sur la pizzica & le jazz… Tes ronflements…

-          Et alors ?

-          Que tu ronfles, passe encore, mais tu pourrais improviser, parce que là, ton ronflement régulier, je ne sais pas si c’est du classique ou si c’est du rock, mais ça ne vaut pas ma transe !

-          D’accord, Pignouf, mais change de berceuse, alors, parce que ta calabraise, je la connais par coeur, et quand je l’ai dans le coeur, ça me remonte à travers la gorge. C’est pour ça, les ronflements.

-          Pfff. Ton excuse…

-          Quoi encore, Pignouf !

-          Elle est nulle, RanDom, ton excuse. Permets-moi de te le dire, ou plutôt de te le murmurer si l’on tient compte de l’heure tardive et si l’on ne veut pas réveiller la voisine, mais franchement, tu crois que je connais toutes les berceuses italiennes ! Tu crois que j’ai passé mon temps à fréquenter les berceaux italiens dans mes anciennes vies ?

-          Ah non ? C’est pas ce qui s’est passé ?

-          Hum, disons que j’ai peut-être une goutte de Sicile dans mes veines millénaires, tu crois que ça suffit ?

-          Bah, si ça t’intéresse, les berceuses calabraises, c’est que ta goutte sicilienne a coulé sur de jolies berges voisines.

-          Alors, comment je fais, moi, maintenant ?

-          Eh bien, débrouille-toi avec ça, si tu parviens à les chanter toutes, ces berceuses, tu devrais parvenir à t’endormir…

-          Merci, RanDom…

-          Ne me remercie pas, Gnipegnouf, si c’est pour rêver de guillotine, de mannaia ou de mafia, Pougnepif, ne me remercie pas ! »

 

J’évite de frapper trop fort les touches blanches et noires de mon clavier. Pour dédier cet article à Gari et Rose bleue qui m’ont fait voyager, ces derniers soirs, entre Over-Blog et l’Italie. Laissons RanDom et Pignouf s’agiter dans leurs songes. Comme deux adultes qui ne savent plus qu’ils sont adultes et préfèrent rêver les poings serrés. Pour continuer le voyage en musique dans le Sud de l’Italie, visitez aussi le site d’Officina Zoé.

 

« Pignouf, qu’est-ce qui se passe dans ton rêve pour que tu bondisses comme ça, à défoncer le sommier de ton lit ?

-          Chut, contente-toi de regarder comment je danse la tarentelle autour de ma partenaire, pour la prendre dans ma toile de tarentule et pour la charmer, pour la ravir, pour la posséder. »

 

L’extase. Après le jazz…

 

Dormi, dormi,
dormi RanDom meu, dormi contentu,
ca chista è l'ura,
chisto è lu momentu,
e veni, sonnu,
veni, pigghiatillu
a 'stu fighiolo piccirillu.

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Commenter cet article

Cat 08/11/2008 06:25

ce n'est pas ma mère qui chantait, c'était ma grand mère !! et elle avait une jolie voix et j'aimais bien quand elle chantait des chansons d'avant ...

j'y crois pas que les élèves parlent comme ça aux profs ... j'aurais pas osé ...

Dis, Pignouf, ça fait quoi un Random qui dort dans un BD en rejoignant la petite mort " ^^ yeah Pignouf =^-^=

:0010:

RanDom 08/11/2008 11:49



Ah ? Eh bien la berceuse de ta GRAND-mère a failli marché, s'il n'y avait pas eu ce foutu-z-air de trompette à Bénabar ! ;)

Les élèves parlent aux profs, ouf ! Et comme je les provoque un peu, c'est justement pour qu'ils réagissent, pour qu'ils soient vivants : comme ça, non seulement ils me répondent, mais en plus
ils m'écoutent. C'est toujours mieux que de faire régner le silence (et d'ailleurs, aujourd'hui, le silence est ce qui stresse le plus les élèves, ce qui les angoisse tellement qu'il n'arrive
plus à bosser en silence). Bon, j'aurais dû ponctuer mon dialogue avec l'élève de smileys, car c'était convivial, un entre-deux humoristique, qui a bien fait rire et soulager la classe (prof
compris). C'est pas toujours que les élèves prennent les choses  avec humour (c'est comme sur OB, faut pas tout prendre au 1er degré ;)

Et puis les blondes resteront blondes (comme cette élève) :P et les chipies resteront chipies (comme celle-ci :P)

Rha, mais je suis en week-end, moi, j'aurais pas dû te parler d'élèves ;)

"Eh, Cat, RanDom, quand il dort dans une BD, il bande dessinée... ça doit être ça la petite mort !!! ^-^ tape m'en cinq :0044: et la la lère...
- Pignouf, dehors, tout de suite ! :0106: et vais sortir me défouler, moi :0003:"



cat 07/11/2008 21:25

une berceuse j'en connais bien une mais en français !!! alors je vais me taire parce que ni l'un ni l'autre vous ne seriez content !!

bienvenue à la musique sur ton blog !!!

et je ne connais rien de ce dont tu as parlé, je parle musique .... mais maintenant j'en sais un peu plus !!!

bisous et bonne nuit

ma mère chantait toujours
la la la
une vieille chanson d'amour
que je te chante à mon tour
Mon fils tu grandiras
et puis tu t'en iras
mais un beau jour
tu te souviendras à ton tour
de cette chanson là
la la la


oups j'ai pô pu m'empêcher pardon :0010:

RanDom 07/11/2008 22:45



Alors je fais bien de lire ton commentaire avant d'aller me coucher...

J'avais déjà entendu, mais rarement, cette berceuse que te chantait ta maman.
C'est vrai qu'elle est belle et qu'en France, on a aussi de belles chansons ;)

Alors je fais bien de lire ton commentaire avant de rejoindre mon lit.
Pignouf me chantera ta berceuse, Cat, et on verra bien si je m'endormirais...

"Oh, RanDom, je ne suis pas ta mère !
- Allez, Pignouf, et puis t'auras pas besoin de faire l'accent calabrais ;)"

Hier, je me moquais gentiment d'une élève en lui disant :
"tu sais, il faut parfois utiliser un dictionnaire quand on ne comprend pas un mot...
- Mais c'est lourd, un dictionnaire, me répond-elle, également moqueuse.
- C'est à cause de la poussière : il faut ouvrir le dictionnaire chaque jour pour retirer la poussière.
- Eh bien vous, vous ne savez même pas quel est le dernier mot du dictionnaire !"
Je trouvais vite la pirouette : "Si, je connais le mot, mais il est imprononçable !"
Et la petite blonde, sans se démonter, de me répondre en souriant : "Eh bien ce mot, c'est le son que vous faites quand vous dormez dans une BD."

Voilà Cat, je vais m'endormir dans ma BD !

Bisous :0010:

PS de Pignouf : "Eh, Y a RanDom qui rejoint la petite mort !" Tape-m'en cinq, Cat ;)"



rosa bleu 07/11/2008 09:41

il tuo articolo é bien fatto un sorriso nel leggerti
ils sont u la bonne idee de marie le jazz avec la melodie et les chant calabraise et cet une reussite je adore merci de me avoir fait decuvrire sa ;) biz a toi randon
ps dit a Pignouf que se te enteroge tout le temps tu ne po pas dormire lol

RanDom 07/11/2008 17:59



Merci Rosa d'amener, avec tes yeux et tes oreilles, ton sourire et ta langue ! Je le traduis comme je peux en italien : Grazie Rosa portare coi suoi occhi ed i suoi orecchi, il suoi sorriso e la sua lingua !
Maintenant que tu m'as fait découvrir ces sonorités calabraises en m'inspirant par ta berceuse, j'irais voir dans ma bibliothèque de Limoges s'ils n'ont pas des disques de tarentelles et d'autres
musiques traditionnelles du Sud de l'Italie. Euh... Lei mi inspiro dalla sua ninnananna Calabrese. Io vedro nella mia biblioteca di Limoges se
loro hanno dischi di Calabria ed il Sud dell'Italia.
Pignouf a bien dormi ;) Moi, je dormirais mieux ce week-end ! Pignouf dormi bene questa notte ;) Io dormirei meglio questo
fine-settimana ;)
Biz des 2 compères et merci encore pour ta berceuse calabraise !



gari 06/11/2008 22:45

mamma mia ca c'est de l'article !!, sacré boulot ! tu dois avoir du sang rital quelque part toi ! lol , ben tu vois je découvre des artistes que je ne connaissais pas grace à toi , pour le jazz il est vrai qu'il est tres prisé en Italie , et les tarentelles se dansent toujours là bas ... merci ca me touche beaucoup l'ami , et tu va faire plaisir à Rosa aussi ;)

merci beaucoup !

ps/ en 2007 j'ai ramené un cd vendu sous le manteau là bas , à la sortie d'un concert , un groupe régional calabrais , dès que j'aurais retrouvé , je te donnerais le lien ils ont un site , et à l'oreille ca vaut le coup , c'est assez engagé , antimafia , antidrogues ect car les jeunes tombent toujours là bas , et le combat continue

merci !

RanDom 07/11/2008 00:15



Merci d’être passé, Gari ! ;)


 


Le sang rital qui devrait couler dans mes veines coule au moins dans mes rêves : l’histoire, le jazz, le
polar, le foot, les pâtes, beaucoup de choses tournent mes yeux de l’autre côté des Alpes. Je dois t’avouer que je ne connaissais pas beaucoup le Sud de l’Italie avant cet été. Je suis allé
jusqu’à Naples. Je suis allé jusqu’à Venise et Ravenne. Les circuits pour le moins classiques, incontournables. Et encore, il y a tant de lieux à visiter. Cet été, mon premier voyage sur l’Internet me fit traverser les Pouilles. Et j’ai découvert la pizzica. J’y avais déjà,
avant la berceuse calabraise, consacré un petit article, fort modeste. Je le réactualiserai pour l’associer à cet article plus récent, inspiré par la berceuse de Rosa. Dès la première écoute
d’une pizzica, j’ai senti que ça résonnait en moi. J’avais ressenti ça en entendant de la musique balkanique, de la transe gitane, du jazz, ces musiques, ces rythmes-là. Ensuite, après la
pizzica, je suis arrivé naturellement à la tarentelle. Au fait, je ne connais rien à la musique ;) Mes goûts s’enrichissent en fonction d’expériences. Comme j’aime danser, comme j’aime
bouger, forcément, ces musiques dites « folkloriques » m’appellent… Tu es la première personne qui m'a présenté la Calabre, et pour cause !


 


Mais ne me fais pas danser la tarentelle ! ;) Quelques pas maladroits, si tout le monde regarde en
l’air pendant que je trébuche deux ou trois fois, ça devrait passer… Le jazz manouche, le jazz tzigane, le jazz italien… Je suis content que le jazz s’affranchisse de son côté élitiste pour
revenir à certaines sources, pour me faire découvrir ces sources. Cette musique qui joue autant de l’intellect que du physique me touche énormément.


 


 


En France, je ne me sens pas appartenir à une région. Je m’intéresse au Limousin où j’habite, mais je dois
reconnaître que l’Occitan est quelque chose qui m’est très flou. J’écoute les musiques bretonnes, celtiques, corses, etc. avec une curiosité très lointaine. C’est donc l’Italie qui m’a fait
réaliser l’importance des cultures régionales. Pas seulement pour l’identité, mais aussi pour la liberté. Je me suis toujours méfié des cultures « dominantes » (élitistes ou populaires,
américaines ou « world ») qu’ont nous rabâche à coups de matraque médiatique. Oui, l’un des intérêts d’Internet, c’est de pouvoir découvrir des artistes qui n’ont pas voix de presse et
qu’on ne peut pas aller voir sur scène en concert. Donc, le lien que tu me proposes, il m’intéresse.


 


Je crois qu’on ne doit pas décliner l’universel (l’amour, la douleur, l’espoir, la peur, etc.) d’une seule
manière, sinon oui, c’est une façon de décliner… je crois qu’il faut décliner l’universel en autant de manières que d’esprits libres. Exprimer l’amour de toutes les musiques possibles, je trouve
ça excitant. N’exprimer l’amour qu’à travers le rock, ou qu’à travers le jazz, ou qu’à travers le classique, alors je trouve ça triste.


 


Ce que je dis à propos de la musique, je pense que c’est la même chose pour la peinture. Je découvre grâce à
l’Internet des artistes que je n’aurais jamais pu voir autrement. On m’aurait dit : tu ne manques rien, ces artistes ne sont pas dans les musées, ni dans les expos, ni dans les collections,
parce qu’ils n’en valent pas la peine, je l’aurais peut-être cru à une certaine période. Mais il suffit de s’ouvrir l’esprit et d’ouvrir l’œil pour voir que l’art est partout ;) Encore
faut-il que l’artiste parvienne à me faire ouvrir l’œil… Ce qui n'est pas forcément le cas des artistes "officiels".


 


Or ton blog, il me fait ouvrir l’œil. Très sincèrement. Comme un jour Aldo Romano m’ouvrit les
oreilles.


 


Ciao l’artiste. Ciao l’ami. Bonne nuit !