Où il n'est pas certain que les Egyptiens buvaient de la bière belge

Publié le par RanDom

LECTURES

 

Tzvetan TODOROV dénonce l’ignorance comme un mal de notre époque ; cette ignorance conduit à la peur de l’autre et à l’apparition de violences barbares, qu’on croyait disparues depuis les Lumières, mais qui provoquent tant de morts depuis le XXe siècle. Cette ignorance est également le nœud d’un livre pour enfants, écrit par Tahar Ben Jelloun : L’École perdue.

 

Pourquoi faire un compte-rendu de ces deux livres ? Pour montrer que l’éducation, dont la fonction première est de lutter contre l’ignorance, n’est pas un produit de consommation. L’éducation est un droit (voir l’article 28 de la Convention internationale – ONU – relatives aux droits de l’enfant), et plus qu’un droit, c’est un devoir d’État à l’égard de ses futurs citoyens. L’école, ce n’est pas seulement pour trouver un métier. L’école, c’est pour permettre de vivre en paix, heureux, l’esprit ouvert et libre. Un métier, grâce au salaire mérité, permet certes un bonheur relatif, mais l’argent n’est pas suffisant. Sans instruction, nous tournons en rond, sans moyen de surmonter toutes nos angoisses ; tandis que les autres pourraient nous aider à vaincre ces angoisses, nous préférons juger les autres responsables de nos malheurs.

 

Aller vers l’autre pour apprendre, afin d'échanger nos solutions, c’est la meilleure méthode pour lutter contre l’ignorance et pour faire la paix. La paix avec l’autre et la paix avec soi.

 

Lire mon compte-rendu de Tzvetan Todorov (La Peur des Barbares).

À suivre, mon compte-rendu de Tahar Ben Jelloun (L’école perdue).

 


REVUE DE PRESSE

 

La fin de semaine est l’occasion pour moi de faire un tour dans une presse pour découvrir de nouvelles sources d’information. Et puis comme le mois de décembre débute, c’est la promesse de nouveaux dossiers à décortiquer.

 

&L’Histoire arrive directement chez moi puisque j’y suis abonné.

 

& Je me procure le nouveau numéro du Monde Diplomatique. L’article central traite de « l’Europe énergétique entre concurrence et dépendance ». Environ deux tiers du gaz naturel consommé dans l’UE sont importés. Inquiète de sa dépendance vis-à-vis de la Russie, son premier fournisseur, l’Europe veut diversifier et sécuriser ses approvisionnements gaziers. Symétriquement, Moscou prospecte de nouveaux marchés et maîtrise le tracé des principaux gazoducs : dépendre d’un seul client disconvient au Kremlin. Je remarque au passage un graphique montrant les énergies utilisées pour la production d’électricité dans l’UE. Le nucléaire est la première source d’électricité, en légère baisse face au gaz naturel qui apparaît en second. Baissent également le charbon (3e), l’hydraulique (4e) et le pétrole (5e). L’éolien, en augmentation, est en passe de dépasser le pétrole. Un autre thème appelle des développements ultérieurs : un article, à la page 25, rappelle en effet « un phénomène systématiquement sous-estimé : cette glace qui fond en Antarctique. »

 

& Le Courrier International fait sa une sur les assauts terroristes du 26 novembre à Bombay. Ces violences ont un retentissement international ; il faut dire qu’il y a, parmi les victimes, des Français. Par contre, on parle peu du Zimbabwe ou de la République démocratique du Congo ; quelques apparitions, ces derniers temps, sur France Inter, me poussent à m’informer sur la situation de ces États africains.

 

& J’ai longtemps hésité à prendre le numéro trimestriel de GÉO Histoire sur « L’Égypte des Pharaons ».  J’ai déjà tant de documentation sur l’Égypte ! Mais après avoir terminé mon cours de 6e sur l’Égypte, après avoir assisté à la passion de mes élèves qui m’amenèrent leurs livres et me firent leurs exposés, d’eux-mêmes, sans que je ne demande rien (je m’étais contenté de leur offrir un cadre méthodologique à l’intérieur duquel ils devaient se sentir libre d’apprendre à leur guise), après ça, il fallait que je fasse une sorte de deuil. D’autant que c’est peut-être la dernière année que j’enseigne l’Égypte, ou que j’y consacre autant – mais si peu – d’heures… Or, le numéro de GÉO Histoire fait écho au documentaire vidéo que les élèves me demandèrent de voir et que je leur montrais : « Quelle aventure ! Sur les traces des Pharaons ». Et c’est cyclique, comme la crue du Nil, je retrouve l’envie de refaire le voyage de Vivant Denon (Voyage en Basse et Haute Egypte)…

 


INSOLITES

Lu dans le Courrier International, n° 937, du 16 au 22 octobre 2008, p. 66 :

« Les ménagères de Marino, en Italie, s’apprêtaient à faire bouillir l’eau des pâtes quand du vin s’est mis à couler des robinets d’une dizaine de foyers. Se ruant à son balcon, l’une d’elles a crié au miracle. Pendant ce temps, sur la grand-place, on attendait en vain que la fontaine crache du vin, comme chaque année lors de la fête du Raisin. Les plombiers municipaux avaient malencontreusement envoyé l’alcool dans le réseau domestique, rapporte Il Sole-24 Ore. »

 

     Pour conclure cette journée dans la bonne humeur d’un verre de bière belge, voici une ultime leçon de géographie… J’achète donc un pack de bière belge d’abbaye et je lis sur l’emballage : « Vous avez choisi de déguster la meilleure bière d’Europe ».  Ce slogan me rendit très fier d’avoir bon goût. Mais je me souvins que le marketing offre un certain décalage avec la réalité. La médaille d’or de l’European Beer Star 2007 est du plus bel effet sur le carton… Mais ma curiosité, elle, est mal placée. Je lis : « Le concours European Beer Star Award réunit 575 bières venues de 28 pays d’Europe. » Et je tiens dans les mains les six meilleures bouteilles ! « Les récompenses or, argent ou bronze sont attribuées par un jury international d’experts, aux bières qui se rapprochent le plus des critères de sélection fixés pour chaque catégorie. » Et je caresse le pack comme s’il s’agissait d’un trésor découvert par des experts internationaux ! « Fin novembre 2007, l’A………… Blonde a obtenu la plus haute distinction… » Et avec émotion, je dépose délicatement ce breuvage doré dans mon chariot.  « … la plus haute distinction dans la catégorie Bière Blonde de Belgique. » Autre façon de reconnaître que j’allais déguster la meilleure bière belge d’Europe que ne sauraient égaler les 27 autres pays d’Europe pas assez fous pas assez belges pour cela !

Les Egyptiens de l'Antiquité aimaient, eux aussi, la bière. Et momifiés, je les vois trinquer à ma santé en élevant au-dessus de leurs pyramides égyptiennes, sans conteste uniques au monde, la meilleure bière belge du monde qu'aucun pays non belge ne saurait imiter...

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Catgirl 06/12/2008 11:24

je suis impatiente de lire ton compte rendu ...

pour ce qui est de ... ce qui est arrivé à Bombay, je crains que ce ne soit qu'un début au vue du malaise qui règne dans le monde.

Le choléra qui sévit ...
le sida qui continue de progresser ...
le téléthon contre les maladies orphelines ...

et l'Egypte des pharaons qui continue de faire rêver et fantasmer au travers des siècles ...

merchi pour cette revue de presse :D

et je constate que tu préfères les blondes !!! beaucoup plus douce au palais ;)

bisous

RanDom 06/12/2008 16:20



Bonjour Cat !
Je viens juste de mettre en ligne mon compte-rendu de Tahar Ben Jelloun et ce petit livre pour enfant offre aussi aux adultes une clef qui peut expliquer le malaise dans le monde actuel :
l'ignorance entretient les inégalités et les injustices, elles-mêrmes responsables de beaucoup trop de violences.

Cette revue de presse est le résultat d'un second souffle que je reprends pour poursuivre mon blog. Je voudrais m'informer plus précisément sur le monde et si cela peut en informer d'autres,
tant mieux. Je ne voulais pas faire, à l'origine, un blog de professeur. Mais le blog culturel est devenu peu à peu un blog de citoyen qui est curieux de tout ce qui se
passe et concerne les humains. Informer, ce n'est pas interdire de rêver et de s'enthousiasmer. Certains voudraient n'avoir que de bonnes nouvelles. Moi, je veux plutôt chercher les
causes de nos mauvaises nouvelles, à côté de quoi il existe aussi plein de raisons qui poussent à nous émerveiller de la beauté du monde. Provoquer cet
émerveillement, par exemple face aux beautés de l'ancienne civilisation égyptienne, c'est aussi une manière de faire prendre conscience de nos responsabilités bien
présentes. Donc, mon petit blog initial évolue en intégrant, grâce à mon métier et à ma petite culture, une dimension humaniste.

Je confirme qu'à côté de mon Danube, ce blog hébergera désormais le Nil. Cela prendra peut-être du temps, mais l'Auzette devrait bientôt goûter au plaisir de se faufiler entre les deux
grands fleuves qui traversent l'Europe et l'Afrique. En attendant que d'autres cours d'eau sillonnent mon univers. Car la Loire n'est pas en reste, et pourquoi pas d'autres encore...