Dimanche 14 décembre 2008

Durant des millénaires, un équilibre subtil permettait de maintenir ensemble hommes, animaux, et écosystèmes dans les conditions géoclimatiques hostiles des zones arctiques. Contraints pour survivre de s’adapter à ces milieux impropres à l’agriculture et à l’exploitation forestière, les hommes y avaient développé au fil des siècles des techniques de pêche et de chasse du gibier migrateur très spécifiques, quasiment identitaires. Or on s’aperçoit que cet équilibre ancestral sur lequel s’appuyait la survie des populations arctiques risque d’être définitivement rompu par le réchauffement climatique, un phénomène pour lequel ces peuples n’ont pourtant aucune responsabilité et face auquel ils restent sans marge.

1)      Qu’est-ce que l’Arctique ?

Définir l'Arctique n'est pas simple. "Arctique" vient du mot grec arktos qui signifie "ours", par référence à la constellation de la Petite Ourse dont l'étoile polaire se situe juste à la verticale de l'axe du Pôle Nord géographique.

a)      Pour les géographes, la zone arctique commence au cercle polaire, limite à partir de laquelle le soleil ne se couche pas le jour du solstice d'été (21 juin) et ne se lève pas au solstice d'hiver (21 décembre).

b)     Pour les météorologues, la limite de l'Arctique est celle que dessine la ligne isotherme moyenne de 10° C, maximum au mois de juillet, marquant le passage de la taïga (où poussent les conifères) à la toundra (où l'on ne trouve qu'herbes et lichens). Cette ligne isotherme est indiquée par la ligne rouge sur la carte ci-dessous.
(carte non disponible, à réactualiser)

c)     
Cette ligne convient aussi aux biologistes car c'est justement ce changement de végétation qui délimite la présence de la faune arctique (ours polaire, renard, loup, bernaches, sternes, etc.)

2)      Qui vit en Arctique ?

a)      La population arctique rassemble 600 000 personnes.

Peu nombreuses à l’échelle de la population mondiale, elles se répartissent entre plusieurs peuples distincts, dispersés sur des territoires immenses et discontinus.

-          Côté américain : peuples inuits (Kaallalit, Inuit, Inupiaq, Yupik).

-          Côté russe : Tchouktches, Evènes, Evenks, Nenetses, Khantys, Mansis.

-          Côté scandinave : Sames.

 

b)     On y trouve plusieurs peuples qui dépendent de différentes souverainetés :

-          Canadienne (lien au site du gouvernement du Nunavut),

-          Américaine (Alaska),

-          Danoise (cliquer ici pour le Groenland, autonome),

-          Norvégienne (Spitsberg),

-          Suédoise,

-          Finlandaise,

-          Russe. 
Le pôle Nord géographique, situé au centre de l’océan Glacial arctique, n’est soumis à aucune souveraineté mais à la convention de Montego Bay. Or depuis 2007, la Norvège et la Russie y ont des revendications liées aux ressources énergétiques.

c)      Ces peuples vivent en petites communautés villageoises, que les conditions extrêmes de l’Arctique maintiennent séparées. En effet, en plus d’interdire la construction et l’entretien de routes, le froid qui gèle l’océan pendant l’hiver ne permet pas non plus de maintenir des lignes de communication régulières tout au long de l’année.

 

Village Inuk au Groenland : pour plus d'informations sur le Groenland, cliquer ici


3)
     
Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique ?

En Arctique, le réchauffement climatique est aujourd’hui visible à l’œil nu. Il suffit de comparer sur les cartes de l’océan Glacial à différentes époques l’extension de la banquise. Le réchauffement climatique entraîne plusieurs changements profonds.

a)      La migration des espèces.

La raréfaction de la banquise modifie la chaîne alimentaire : les poissons qui migrent avec la banquise sont suivis par les oiseaux, les phoques, les ours…

Les photos de cet article sont tirées du site de l'Institut Polaire Français.


b)
    
La fonte du permafrost (sol gelé en permanence).

Elle entraîne, en Alaska, l’effondrement de villages côtiers, comme celui de Shishmaref, sous l’effet du dégel. En 2006, les habitants de ce village ont été déplacés vers l’intérieur des terres en risquant de perdre leur tradition de pêcheurs, leurs ressources économiques et leur source de protéines.


 Cette vidéo est la bande-annonce d'un documentaire néerlandais de Jan Louter (2008) The Last Days of Shishmaref.

 >
Elle entraîne l’extension des zones humides (avec l’apparition de moustiques dans des régions où ils étaient absents).

> Elle entraîne, en libérant la tourbe, le relâchement de CO2 dans l’atmosphère, contribuant à son tour au réchauffement de la planète.

Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines ! Et ma géographie des pôles se poursuit... (cet article est la suite de celui-ci et ne sera pas sans suite). 
Par RanDom - Publié dans : De l'Auzette à la planète
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