Les poésies qui donnent des ailes

Publié le par RanDom

Pourquoi les chasseurs partent-ils en quête des plus anciennes poésies ? Parce qu’au début, les premiers poètes grecs cherchaient à imiter le chant des oiseaux… Voici un beau spécimen ailé :

 

IL FAUT LIRE À HAUTE VOIX !



 

Epopopoi popoi popopopoi popoi io io ito ito

Mais par ici, volez, mes frères emplumés !

Vous qui picorez les riches semis

De l’agricole gent, mille races à bec,

Invétérés jacasseurs,

Vous qui fusez en trillant vos notes langoureuses

Et qui jaillissez des sillons

Stridulents, lâchant ce gazouillis têtu de

Votre riante voix :

Tiotiotiotiotiotiotiotio…

 


       Heureusement, Aristophane a plus de vocabulaire qu’un oiseau ! Et puis ses onomatopées libèrent l’énergie que vous reteniez en vous, faute de fusil pour chasser ce merle qui vous dérobe toutes vos cerises… (Là, je pense à mon père qui se désole à l’idée de ne pouvoir offrir les premiers fruits de ses cerisiers à ma mère.)

Enfin, je suis certain qu’en relisant ce poème, vous percevrez la voix du capitaine Haddock, mille sabords !

 

       Quand des Grecs ont découvert qu’avec leurs paroles, ils pouvaient chanter et composer de la poésie chorale, ils se sont mis à roucouler ou faire le paon… Alcman est un poète du VIIe s. avant J.-C. ; il se nomme lui-même : « le glouton Alcman ». Il signe ses chants avant de les commencer.

Ainsi a-t-on retrouvé ces trois lignes :

 

Alcman a trouvé ces paroles

Et de sa langue a sifflé

L’air en tressant la chanson des perdrix

 

En vérité, le poète a signalé son nom car il souhaite que sa chanson, transmise oralement, puisse voyager comme la perdrix, tout en rappelant le souvenir de son auteur, en son absence et à sa mort. Malheureusement, les historiens n’ont pas retrouvé la chanson qui venait après ces trois lignes, et de toute manière, vous préférez peut-être Spiderman (et l’araignée) au glouton Alcman (et sa perdrix).

(La traduction est de mon ancien professeur  de  grec  ancien,  Philippe BRUNET, évoqué  déjà  dans un ancien article de mon blog, relatif au Petit Pantagruel, journal des historiens de l'Université de Tours auquel je participais au cours de mes études.)

Publié dans Les animaux aussi

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rose bleue 21/01/2009 18:17

cest pour sa que je ne prend pas de parapluie  moi je adore sentire le goute d eau    bise

RanDom 25/01/2009 19:48


Je reviens ici pour le parapluie car le temps trop humide, à l'extérieur, me "des gouttes"... Tu me laisses une place, Rosa ?


Catgirl 21/01/2009 17:04

je découvre avec toi, des auteurs que je ne connais pas point, mais qui m'intriguent !bisous

RanDom 21/01/2009 17:35



Nous suivons chacun nos itinéraires littéraires. Et les chemins qui se croisent multiplient les directions. Si je te présente ces auteurs, c'est que je sais que je
ne les présente pas à n'importe qui.

:0010:



rose bleue 20/01/2009 19:43

je pense que le primier etais telmant jaloux des ses oisaux  qui a enperdu les mot  lol   pour l autre auteur il a compris que les mot sont comme les oisaux et les prefere   volant et ne pas les enferme dans une cage de foglie blanche   bise Random  

RanDom 21/01/2009 17:31



Quand mon ciel est gris comme aujourd'hui et que je regarde les nuages pour y chercher quelques oiseaux, quelques chants, quelques rêves, il m'arrive de tomber sur
un coin de ciel bleu.

C'est ton commentaire, Rosa bleu ; je me dis que ce coin de ciel bleu, c'est là où m'entraîne ton commentaire ! Et grâce à toi, je viens de retrouver les paroles d'Alcman, et je comprends
aujourd'hui pourquoi on ne peut plus les chanter ! Parce que nous sommes tous sous nos parapluie pour nous protéger de la poésie en pensant nous protéger de la pluie.



Marj 20/01/2009 19:00

Oh! Ca me rappelle mes cours en lettres...mais j'aurais préféré un livre de littérature latine... en souvenir de mon prof de latin!!!!....Un peu damiesque sur les bords!

Béatrice 20/01/2009 09:57

j'ai interrompu mon travail pour voyager sur votre blog...Se sont superposées nos musiques (celle de mon atelier et celle de votre article). J'ai eu un plaisir immense à lire à voix haute le poème...J'y reviendrai.