Jeudi 29 janvier 2009 4 29 01 2009 21:28


Photo de RanDom, L'ombre et l'esprit du chat, Limoges, automne 2008.
            Merci à Cat pour avoir recadré ma photo et pour ses encouragements.

Je profite de cette photo et de mon article pour indiquer par deux autres liens, des textes fort intéressants (à la découverte de Balthus).
The King of Cats :
http://lespetitsmotsdecat.over-blog.com/article-23470717.html
Le Mystère des Chats :
http://lespetitsmotsdecat.over-blog.com/article-23508474.html

           Le dossier du numéro spécial de L’Histoire (janvier 2009) est consacré aux animaux. Il m’a passionné car il s’agit bien d’Histoire, et donc des rapports entre les hommes et les animaux à travers le temps. Aucun animal ne me tient compagnie, mais j’ai pourtant plein d’animaux à l’esprit ; on pourrait parler de « totems ». Il m’est arrivé d’écrire des nouvelles dans lesquels le personnage principal est un animal ou se prend pour un animal. Le chat fait partie de ces animaux qui m’inspirent des histoires. J’aime les croiser dans la rue et je me suis donc interrogé : pourquoi cet attachement aux chats ? Est-ce un goût personnel, familial, social ou culturel ? Pour y répondre, je n’ai pas hésité à m’acheter le livre de Laurence Bobis, Une Histoire du chat. De l’Antiquité à nos jours, chez Fayard, « Points Histoire », 2000.

 

Voici la présentation de ce livre de poche, dont je recopie la 4e de couverture :

« Avant de devenir l’un de nos animaux domestiques préférés, le chat a eu mauvaise réputation. S’il était, dans l’Égypte ancienne, l’objet d’un véritable culte, en Occident, il suscita longtemps la méfiance. Pendant tout le Moyen Âge, l’Église condamna les hommes qui s’attachaient à un animal créé par Dieu pour chasser les souris. À en juger par les proverbes, les contes et les sermons des prédicateurs, cet animal avait tous les vices : gourmand, paresseux, perfide, il était associé à la femme, à la sexualité, à la folie.

« Sa légende noire, née lors de la lutte contre les hérésies, est inséparable de la sorcellerie.

« Si le chat a suscité tant de croyances au cours des siècles, c’est qu’il est avant tout un support de l’imaginaire humain. Ce sont ces métamorphoses successives que cet ouvrage nous invite à découvrir. »

 

Je note que l’auteur de cette Histoire du Chat est une femme. Ancienne élève de l’École des Chartes, Laurence Bobis est directrice de la bibliothèque de l’Observatoire de Paris. Dans la collection « Découvertes », de chez Gallimard, elle a écrit Les Neufs Vies du chat (1991).

 

Son ouvrage est constitué de cinq parties :

1.       Le chat dans l’Antiquité

« Ces gens dont l’esprit est imbu de superstitions bizarres affronteraient les pires tortures plutôt que de porter une main sacrilège sur un ibis, sur un aspic, sur un chat… » (Cicéron).

 

2.       Les multiples usages du chat au Moyen Âge

« Gardien fidèle protégeant la maison et veillant toute la nuit, je purgerai les cachettes aveugles dans l’obscurité des nuits, sans perdre dans les recoins sombres l’acuité de mon regard. » (Saint Aldhelm, VIIe siècle).

 

3.       Le chat moralisé

« Le chat aime les poissons, mais ne veut pas se mouiller les pattes. » (Proverbe du Xe siècle).

« Tu as menti, comme chat que tu es. » (Proverbe du XVe siècle).

 

4.       Le chat diabolique

« Lucifer peut apparaître à ses adeptes et ses adorateurs sous la forme d’un chat noir ou d’un crapaud et exiger d’eux des baisers l’un abominable (…), l’autre horrifique. » (Guillaume d’Auvergne, Traité de la foi et des lois).

 

5.       Le chat à l’époque moderne

 

Cinquante pages de notes et de références ainsi qu’une bibliographie (sources, ouvrages généraux) enrichissent cette étude fouillée de 276 pages.

 

D’après L’Histoire, n° 338, janvier 2009, p. 86, le palmarès des animaux domestiques en France :

(un foyer sur deux possède un animal domestique)

25 millions de poissons rouges

10 millions de chats

09 millions de chiens

 

Je rendrai compte, dans ma rubrique « Les animaux aussi » ont une Histoire, des informations qui m’auront le plus intéressé.

VOS RICOCHETS :

Catgirl : « Je sais que les adorateurs des chiens dénigrent les chats, mais le chat est indépendant, intuitif, malin, intelligent. Le chien retournera toujours vers son maître, même si son maître le maltraite, car son maître possède la main qui le nourrit. Le chat, si son maître est méchant, il ne le laissera pas s'approcher, il trouvera lui-même sa nourriture dans la nature, dans le sous-sol, en chassant les souris. Le chat n'a pas besoin de l'homme pour vivre, il reste un animal sauvage. Peut-on en dire autant des chiens ? Mais je crois ne pas être objective… »

 

RanDom : Tu n’es certes pas objective, mais je préfère ta subjectivité à celle d’une grand-mère qui autorise son caniche nain à faire sa crotte en plein milieu du chemin sous prétexte que son chien à elle est fort bien éduqué et ne mord jamais plus haut que les mollets. L’auteur du livre reconnaît son propre attachement au chat qui, progressivement réhabilité depuis le XVIIIe siècle, fait partie des animaux préférés des Français.

 

Tu n’es donc pas la première ni la seule à faire ce commentaire, et tu ne seras pas la dernière… ce qui m’intéresse, c’est pourquoi ce couple chat et chien, ou chat et souris, revient toujours sur le tapis. Mon couple à moi est plutôt chat et oiseau depuis que j’ai interrompu l’attaque d’une merlette par un chat. Celui-ci me fixa du regard de manière haineuse, et je compris à quel point certaines luttes de la nature ne sont pas des jeux mais de simples question de vie ou de mort. On retrouva d’ailleurs, sous l’un des buissons du jardin de mon père quelques petits os bien léchés.

 

Tu parles d’animal sauvage, et c’est vrai que le chat a ce statut d’animal domestique « à part ». Peut-être est-ce parce qu’il appartient à la catégorie de félidés qui comptent plusieurs espèces sauvages, alors que le chien est plus facile à distinguer du loup (Jean de La Fontaine utilisa d’ailleurs cette fable, le chien et le loup, pour souligner le caractère servile du chien).

 

Montaigne se demandait si c’était lui qui se jouait de sa chatte ou si c’était sa chatte qui se jouait de lui. Ils jouaient ensemble, mais qui maîtrisait le jeu plus que l’autre ? Il soupçonnait que c’était son animal ! Alors, le chat a-t-il besoin de l’homme ? Autrement dit, pourquoi l’homme a-t-il besoin des chats : la chasse au souris ? Aujourd’hui, on en sourit parce que beaucoup de chats domestiques n’en ont certainement jamais vues, de souris… Il faut, d’après Laurence Bobis, remonter au Moyen Âge pour comprendre ce qui se passe, aujourd’hui, dans notre imaginaire, quand on fréquente les chats. Et c’est donc ce qui m’intéresse : notre regard sur les animaux ne peut être objectif. Tu le reconnais toi-même. Ce regard est influencé par notre culture et notre histoire, par les contes que l’on nous raconte à notre enfance, par nos expériences aussi. Le chat porte donc sur lui notre imaginaire, et peut-être que cela l’embarrasse, quand on l’empêche de vivre comme il le souhaiterait : ainsi s’explique ce regard haineux de ce chat, parce que je l’empêchais de chasser la merlette, tandis que moi, avec mes idées préconçues sur le chat et l’oiseau, deux mignons animaux, je voulais seulement m’amuser avec eux, quand l’un voulait tuer l’autre alors que l’autre parvint à s’échapper.

 

Par RanDom - Publié dans : Les animaux aussi
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Des mots entre nos chairs

Notre plaisir tient à ce baiser mêlant aux mots des autres nos propres mots pour composer des chairs, des chairs qui, entre nous, pourraient nous rendre légèrement sensibles. Alors bienvenue sur ces rives où Dam & son coblogataire Pignouf vous accompagnent.

De leur écriture.

Et n'oubliez pas de balancer votre petit caillou pour en compter les ricochets. On ne sait jamais, peut-être bien que l'Auzette...

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