Barbares qui ne parlez ni grec ni latin

Publié le par Dam

"Barbares, métèques, frontières : l'Autre", tel était le thème du 5e Festival européen de latin et de grec (FELG) qui s'est tenu du 26 au 29 mars 2009, à Nantes.

Voir le site www.festival-latin-grec.eu

Dans un monde où le succès se mesure à la rentabilité, vouloir faire vivre des langues considérées comme mortes est fort appréciable. Mortes, elles ne le sont certainement pas. Anciennes, elles sont d'autant plus respectables. Car la langue qui me sert à vous écrire, lecteurs, puise sa sève dans des racines gréco-latines profondément ancrées dans notre culture. Pour vous en convaincre, il suffit d'aller visiter cette page où l'on traduit en latin des chansons contemporaines. Pignouf n'a pu résister : il s'est pris pour un légionnaire en train de fredonner "Jolie môme" ou pour un gladiateur clamant "Emporté par la foule"...

Mais revenons au thème du FELG 2009. Les Grecs et les Romains, dont les chemins se sont très tôt croisés, ont aussi rencontré d'autres peuples sur lesquels ils nous ont laissés leurs témoignages. Quelles images avaient-ils des Perses, des Scythes, des Carthaginois, des Numides, des Gaulois ou des Germains ? Ils leur a fallu réfléchir au droit de cité, à la citoyenneté et à la frontière qui sépare les étrangers des autochtones. Ces réflexions se poursuivent encore en Europe et dans le monde : tandis que certaines frontières disparaissent, d'autres entraînent l'érection de murs ou le creusement de fossés.

Le droit du sol, les politiques d'intégration, les propos racistes ou les mariages mixtes, tout cela ne date pas d'aujourd'hui ! On voudrait enterrer pour de bon l'Antiquité mais voilà que c'est au contraire l'Antiquité qui nous enracine. On croit chaque jour inventer la pluie quand il suffit de retrouver tant de pluies dans les textes anciens. Alors ce FELG 2009 est une invitation à rencontrer l'étranger, en sautant par-dessus les frontières à la fois spatiales et temporelles. Un recueil coordonné par un helléniste et un latiniste (Christophe Cusset et Gérard Salamon) nous fait tourner les pages d'un monde antique et cosmopolite.

Cliquer sur la couverture pour obtenir les références précises sur le site de l'éditeur.

Dans la même collection :
Panthéon en poche (Dieux et déesses de l'Antiquité)
- A la table des Anciens (Guide de cuisine antique)
- Séduire comme un dieu (Leçons de flirt antique)
- A l'école des Anciens (Professeurs, élèves et étudiants)

A paraître : Les Monstres ; Les Voyages en mer ; L'Homosexualité ; Les Oracles.

Pignouf ! C'est quoi cette chanson ?
- Hum... Euh, Sancti-Joannis Amans...
- Tu chantes Mon Amant de Saint-Jean !
- Oh, ça va, c'est juste pour entendre comment ça sonne en latin...
- Eh bien, en attendant, il pleut à Rome.
- Non, pas à Rome, sur Nantes ! Il pleut sur Nantes...

Publié dans Passé Présent

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Jean-Yves 10/04/2009 20:38

Mes remerciements, Damien, pour tous les renseignements que tu donnes dans cet article. Cette rencontre avec l'étranger m'intéresse. Et cette vision cosmopolite replacée dans l'Histoire vraiment nécessaire.

Dam 16/04/2009 19:32



Bonsoir Jean-Yves,

Cela ne m'étonne pas que tu trouves un intérêt dans cet article. Je suis donc content de ton passage ici. Je compte t'envoyer un courrier pendant mes vacances pour poursuivre nos échanges car
j'ai vu que tu prenais de la distance par rapport à ton blog, en supprimant la possibilité d'y mettre des coms.

Alors, à bientôt !



Catgirl 08/04/2009 19:10

cela m'évoque mes cours d'étymologie ou comment du latin, du grec nous arrivons au vieux françois, au moyen français, et donc à nous ;)c'est un exercice qui m'avait beaucoup plu, l'origine des mots, leur évolution, cela m'a aidé aussi à mieux saisir le sens de certains mots.^^bonne soirée

Dam 09/04/2009 18:11



C'est tout à fait ça, le passage du latin à notre langue d'aujourd'hui. Et quand on sait que derrière les mots et leur étymologie, il y a nous, humains, et notre
histoire. J'imagine toujours des gens qui, de génération en génération, se transmettent une parole, des histoires, le verbe : "aimer" qui déjà chez les Romains (amare) est une vitale amarre. Bien
sûr, on voudrait être plus moderne que les Anciens, mais si l'on étudie les Anciens, on y trouvera aussi de la modernité. Je ne parle pas uniquement pour le Grec ou le Latin, car le Français,
c'est aussi de l'Arabe ou du Germain. Donc, faire une langue étrangère, qu'elle soit vivante ou ancienne, est une école de l'intelligence mais aussi d'ouverture à l'Autre (thème du FELG
2009).

Être à l'aise avec sa langue, l'orthographe, le vocabulaire, c'est en outre la garantie de pouvoir s'exprimer le plus librement possible. Combien de gens se perdent dans la violence
simplement parce qu'ils ne trouvent pas les mots ni la façon d'exprimer leurs malaises.

Bisous...