Tant de couleurs

Samedi 3 janvier 2009

Plusieurs de mes articles annonçaient ce livre que je reçus parmi les étrennes.

Présentation sur France Inter, l'humeur vagabonde

Car au commencement est souvent le noir, et pas seulement le café, nécessaire à cette heure-ci, pour faire naître une idée, ne serait-ce qu'une toute petite idée de départ.

Je pourrais au lieu de ça vous souhaiter une formidable année 2009...
Je pourrais, en forme de voeux, vous en faire voir de toutes les couleurs.
Il faut pourtant bien se résoudre à avancer dans le noir ou dans la neige. Tout dépend de ce que vous voulez bien voir, tout dépend si vous apercevez mes chaussures noires suivant les empreintes que vous avez laissées dans la neige pour me guider auprès de vous.

Et vous comprendrez pourquoi je suis heureux que vous daignez encore me lire en 2009, malgré 2008, malgré 2007, malgré 2006 aussi et malgré ce passé qui nous colle à la semelle et que j'éprouve tant de plaisirs à redécouvrir, dans ce blog comme dans ma vie.

Mais parlons d'avenir puisque nous avons franchi les premiers jours de cet avenir. Et parlons du noir qui s'offre à nous comme horizon nocturne.

Vous me demanderiez : "RanDom, que signifie tout ce noir ?"
Et je vous répondrais ainsi, par
un baiser de cinéma...
Pignouf, pendant ce temps-là (que dure le fameux baiser de cinéma dont on rêve), cherche à résoudre l'énigme : "Que peut-on bien entendre par noir, par rouge ou par blanc, qu'est-ce que c'est difficile d'y voir clair !" Avant qu'il ne se perde dans quelque arc-en-ciel, je lui colle sous les yeux la réponse de Ludwig Wittgenstein :
À la question : « Que signifient les mots rouge, bleu, noir, blanc ? », nous pouvons bien entendu montrer immédiatement des choses qui sont de telles couleurs. Mais notre capacité à expliquer la signification de ces mots ne va pas plus loin (Ludwig Wittgenstein
, Remarques sur les couleurs, 1, 68).

Et si je voulais vous montrer ce que signifie le noir, pourquoi vous montrerais-je la mort plutôt que l'amour ? Par exemple, pourquoi  cette
noire petite histoire en pays totalitaire plutôt qu'une future nuit à nous rapprocher de l'enfer ?

J'ai terminé l'année 2008 en regardant
L'Apocalypse sur arte mais puisque la fin du monde se fait attendre, il me fallait reprendre depuis les ténèbres de la Bible...

Dans la Bible, le noir précède toutes les couleurs.

 

Il a un statut négatif, associé aux ténèbres. Dans l’Antiquité romaine et pendant les premiers siècles du Moyen Âge, le bon et le mauvais noir cohabitent. D’un côté le noir renvoie à l’humilité et à l’autorité ; de l’autre au monde des morts et aux forces du mal.

Durant l’époque féodale, théologiens, moralistes, pratiques liturgiques concourent à en faire une couleur mortifère. Dans le domaine vestimentaire seuls les moines bénédictins lui restent fidèles.

La fin du Moyen Âge : période d’intense promotion pour le noir.

L’héraldique s’en empare et le délivre de ses aspects funestes. Les lois somptuaires, condamnant les vêtements trop colorés, accentuent sa dimension vertueuse. Alors que la teinturerie connaît de gros progrès, notamment pour les étoffes de soie et laine, les princes lui témoignent un amour immodéré ; le noir devient une couleur curiale et même royale et il le reste jusqu’au XVIIe siècle.

Un monde en noir et blanc

À la fin du XVe siècle, associé au blanc, le noir est conduit à ne plus être considéré comme une couleur. Toutes les images du Moyen Âge étaient polychromes ; les images, et les ouvrages imprimés, sont désormais en noir et blanc. En 1665-1666, quand Isaac Newton découvre le spectre, par ses expériences du prisme, il impose un nouvel ordre des couleurs au sein duquel il n’y a plus de place ni pour le blanc ni pour le noir. La photographie est en noir et blanc. Le cinéma vient relayer cette hégémonie.

Le noir, couleur « moderne » ou « comme les autres » ?

À l’horizon des années 1920-1930, les couturiers l’adoptent : la « petite robe noire » de Chanel (1926). Il est encore rebelle ou transgressif : les chemises noires, les blousons noirs, le drapeau noir…

Aujourd’hui, le noir est rentré dans le rang, occupant chez les consommateurs une place moyenne, après le rouge et avant le blanc. Serait-il devenu, se demande Michel Pastoureau, une « couleur comme les autres » ?

L’auteur : Michel PASTOUREAU



Historien, spécialiste de l’histoire des couleurs, des emblèmes et des symboles, Michel Pastoureau est directeur d’études à l’École pratique des hautes études et à l’École des hautes études en sciences sociales.

Bibliographie :

– La Bible et les saints. Guide iconographique, Flammarion, 1990 (en collaboration avec G. Duchet Suchaux).

– L’Étoffe du Diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés, Seuil, 1991.

– Rayures, Seuil, 1994.

– Bleu. Histoire d’une couleur, Seuil, 2000.

– Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Seuil, 2004.

– L’Ours. Histoire d’un roi déchu, Seuil, 2007.

– Noir. Histoire d’une couleur, Seuil, 2008.

Une bibliographie détaillée de l’auteur est disponible dans ce dernier ouvrage.

La liste des études préparatoires à ce livre est présentée, p. 210.

      Lire l'entretien "Le noir, tout un symbole" sur le site du Point.fr.

Je dois reconnaître que noir, ce livre n'est pas seulement une somme d'informations, mais c'est également un bel objet. L'impression en noir sur blanc ou en blanc sur noir donne du relief au sujet tandis que les belles illustrations approfondissent les mots de M. Pastoureau.

En voici le résumé de la 4e de couverture :

Longtemps, en Occident, le noir a été considéré comme une couleur à part entière, et même comme un pôle fort de tous les systèmes de la couleur. Mais son histoire change au début de l’époque moderne : l’invention de l’imprimerie, la diffusion de l’image gravée et la Réforme protestante lui donnent, comme au blanc, un statut particulier.

Quelques décennies plus tard, en découvrant le spectre, Newton met sur le devant de la scène un nouvel ordre des couleurs au sein duquel il n’y a désormais plus de place ni pour le noir, ni pour le blanc : pendant presque trois siècles, ce ne seront plus des couleurs.

                Toutefois, dans le courant du XXe siècle, l’art d’abord, la société ensuite, la science enfin redonnent progressivement au noir son statut de couleur véritable.

> Dans cette longue histoire du noir dans les sociétés européennes, l’accent est mis autant sur les pratiques sociales de la couleur (lexiques, teintures, vêtements, emblèmes) que sur ses enjeux proprement artistiques.

> Une attention particulière est portée à la symbolique ambivalente du noir, tantôt pris en bonne part (fertilité, humilité, dignité, autorité), tantôt en mauvaise (tristesse, deuil, péché, enfer, mort).

> Comme il n’est guère possible de parler d’une couleur isolément, cette histoire culturelle du noir est aussi, partiellement, celle du blanc (avec lequel le noir n’a pas toujours fait couple), du gris, du brun, du violet et même du bleu.


Je tourne déjà les pages. Je voudrais entrer dans les détails... Mais la nuit vient de tomber. Il me reste à mettre ici les titres des chapitres pour les développer dans un avenir prometteur. C'est tout ce que Pignouf nous souhaite, un bel avenir prometteur, qui nous apporte sa lumière.

Sommaire du livre de M. Pastoureau :

 

Introduction : Pour une histoire des couleurs, p. 11-17.

 

I. Au commencement était le noir. Des origines à l’an Mil, p. 18-44.

 

II. Dans la palette du Diable, Xe-XIIIe siècle, p. 45-76.

 

III. Une couleur à la mode, XIVe-XVIe siècle, p. 77-112.

 

IV. Naissance d’un monde en noir et blanc, XVIe-XVIIIe siècle, p. 113-151.

 

V. Toutes les couleurs du noir, XVIIIe-XXIe siècle, p. 151-195.


Pignouf vient d'allumer pour mieux voir dans toute cette pénombre et moi, alors aveuglé, à l'instant qu'il me fallut pour rouvrir les yeux, je vous ai perdue.

Par RanDom
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Samedi 29 novembre 2008

     Au programme d'éducation civique des classes de 5ème ? L'égalité, la dignité, la solidarité... Donc, vaste programme ! Certains livres proposent de travailler sur la lutte contre la ségrégation raciale, en partant du fameux discours de Martin Luther King (I have a dream). Je demande à mes élèves de choisir une personnalité noire et de faire une recherche pour voir comment cette personne a fait progresser nos consciences et/ou nos lois. Il y a donc Martin Luther King auquel j'associe Nelson Mandela et pourquoi pas Barack Obama pour montrer que ces luttes restent d'actualité.

  

 


  

Vidéo du discours de Martin Luther King (28 août 1963).

 

 

     Quel discours ! Nous ne retenons qu'une formule slogan mais il faut entendre l'ensemble (qui tient en moins de dix minutes). Les élèves voient le rôle social de la religion (quelle qu'elle soit), comment elle peut-être utilisée par le pasteur Martin Luther King pour combler les lacunes de la loi et pour rapprocher les humains. Mais la religion peut également diviser et c'est pourquoi elle ne remplace pas les lois. Et pour les non-croyants (dont je fais partie), la science reste l'argument principal pour convaincre les noirs et blancs qu'ils appartiennent corps et âmes à la seule espèce humaine. Barack Obama en fournit la preuve, lui qui est "métis".

 

     On utilise le terme "métis" qui me semble pourtant impropre et je le fais remarquer aux élèves : existe-t-il un noir type, un blanc type, un métis type ? Métis évoque un croisement de races, mais puisqu'il n'existe qu'une seule espèce, il ne peut y avoir croisement ! Les Allemands n'aiment pas utiliser le terme "métis" et quand ils l'entendent dans la bouche d'un Français, ils doivent trouver cela choquant. Ils préfèrent dire, je crois, "mélangé" au lieu de "métissé". Bref, il est difficile d'englober la diversité des humains dans des étiquettes au nombre limité. La science a pourtant tenté de le faire, et je l'explique aux élèves : la religion, la science, la loi peuvent faire progresser une société mais elles peuvent aussi la détruire. Il est de la responsabilité des citoyens de faire bon usage de leurs religions, de leurs sciences et de leurs lois. Hélas, quand j'entends le débat suivant, je suis affligé ! Monsieur E. Zemmour est un compatriote en un seul mot et je veux bien entendre ses arguments ; et je continuerai de les combattre pour rapprocher les humains au lieu de les classifier.


 Un débat sur le métissage sur le plateau d'arte, avec Eric Zemmour.

Emission : demain tous métis ? (jeudi 13 novembre 2008).

 

     Je ne voulais pas donner plus de publicité aux propos d'un homme déjà très médiatisé. Mais puisque le débat existe, pourquoi ne pas l'affronter, que chacun se fasse son idée.

 

     J'ajoute ici un lien au site Télérama qui recense les différentes réactions face aux propos du polémiste :

- Arte n'envisage pas de poursuite judiciaire mais se démarque des arguments de Monsieur Zemmour. Certes, on ne peut soupçonner la chaîne franco-allemande de cautionner les propos du polémiste. Mais qui réalise le montage de l'émission ? Arte a sa part de responsabilité.

- Le sociologue Michel Wieviorka exprime son indignation face à cet homme qui fait la distinction entre des "races" et voudrait classifier voir hiérarchiser les "cultures".

- L'anthropologue et médecin Didier Fassin élève le débat pour ne pas se contenter d'une indignation qui n'apporte rien de constructif mais au contraire, enferme chaque camp dans ses retranchements : si les races existent, elles n'existent que dans la tête de gens comme Eric Zemmour. Selon le propos de Didier Fassin, Monsieur "Zemmour fait passer un racisme ordinaire pour un racialisme intellectuel". Ce genre d'attitude a nourri la violence nazie il y a peu.

- Enfin, une lettre à Eric Zemmour, montre bien les enjeux de société que révèlent cette volonté de justifier l'existence de communautés (blanches, noires, métisses, etc. en écartant la nationalité française du débat) pour légitimer les inégalités au lieu de les combattre.

 

   Voilà le dossier que j'incluais dans mes fichiers d'éducation civique. Dans cette matière, les leçons de morale sont souvent moins efficaces que les échanges de point de vue. Le but est de savoir contrer chaque argument, de n'en laisser aucun être en mesure de détruire la dignité humaine. Et j'étais en colère ! C'est là qu'intervint Pignouf... Il venait d'entendre une émission radiodiffusée sur France Inter : l'Afrique enchantée. Et voilà ce qu'il chantait avec force :


Découvrez Miriam Makeba!

 



 "Eh, oh, Pignouf ! Tu ne vois pas que je travaille ! J'ai besoin de silence, vois-tu, parce que je viens d'entendre un bruit de bottes qui me fait peur, soudain...

- Oh, eh, si l'on ne peut plus rendre hommage à une femme qui a fait plus que danser notre humanité mais qui lui a fait aussi ouvrir les yeux...

- D'accord, d'accord, rendons hommage à Miriam Makeba !

- Alors puisque tu préfères le silence, on peut bien faire une minute de silence...

- Parfait, Pignouf, va pour ta minute de silence."

 

Je vois mon coblogataire prendre sa respiration. Il voudrait faire un discours aussi puissant que celui de Martin Luther King. Et s'élance : "Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, vous tous qui m'êtes proches parce qu'humain, faisons à présent une minute de silence pour une grande dame, pour Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama Yiketheli Nxgowa Bantana Balomzi Xa Ufun Ubajabulisa Ubaphekeli Mbiza Yotshwala Sithi Xa Saku Qgiba Ukutja Sithathe Izitsha Sizi Khabe Singama Lawu Singama Qgwashu Singama Nqamla Nqgithi." La minute de silence, elle ne vint qu'après les trois minutes qu'il fallut à Pignouf pour clamer le véritable nom de Miriam Makeba. Pignouf me rappelait qu'en 1960, Miriam Makeba écrivait un rectificatif à la rédaction de Time Magazine, le fameux hebdomadaire américain qui publiait un article à son sujet. Celle qui allait devenir une des figures de la lutte anti apartheid, en exil, y précisait en effet : "Il y avait une petite erreur, qui concerne mon nom africain, et si c'est possible, j'aimerais vous l'épeler correctement : Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama Yiketheli Nxgowa Bantana Balomzi Xa Ufun Ubajabulisa Ubaphekeli Mbiza Yotshwala Sithi Xa Saku Qgiba Ukutja Sithathe Izitsha Sizi Khabe Singama Lawu Singama Qgwashu Singama Nqamla Nqgithi. Un enfant reprend tous les noms de ses ancêtres mâles. Souvent, à la suite du prénom il y a un mot ou deux qui sont descriptifs, et qui décrivent le caractère de la personne, transformant un véritable nom africain en une sorte d'histoire."

 

" Pignouf ?

- Oui...

- Tu pensais à quoi pendant cette minute de silence ?

- Je pensais à ça :
  

Miriam Makeba dans Come Back Africa
 
Présentation du documentaire d'après le site de l'Afrique enchantée :
Historiquement crucial, "Come Back, Africa" représente à lui seul une manière d'acte de naissance pour le cinéma sud-africain. Tourné quasi clandestinement par Lionel Rogosin, le film plonge au cœur de l'apartheid et de Sophiatown, un ghetto de Johannesburg, et suit, entre documentaire et fiction, le parcours d'un paysan zoulou bientôt transformé en travailleur clandestin.
Filmé clandestinement en 1958 dans un ghetto de Johannesburg - Lionel Rogosin avait déclaré aux autorités qu'il tournait un documentaire musical - "Come Back, Africa" est un des films anti-apartheid les plus marquants. Mêlant documentaire et fiction, il met en scène les intellectuels les plus radicaux du moment ainsi que des artistes comme la chanteuse Miriam Makeba, dont la carrière internationale fut lancée par le film. "Come Back, Africa" fait partie intégrante de l'histoire sud africaine, le seul récit filmé de l'époque, qui dévoile non seulement ce qu'était véritablement la réalité africaine, mais aussi comment les Africains eux-mêmes la vivaient.
Pour prolonger l'hommage à Miriam Makeba, je mets des liens ci-dessous pour
 
Chronologie de l'apartheid
 
Engagée jusqu'au dernier souffle
 
Le rêve inachevé de Miriam Makeba
 
Hommage à Mama Africa 

Une voix de l'Afrique s'est tue


"Eh, RanDom, si tu leur proposais, à tes élèves, de faire une recherche sur Miriam Makeba... Tu leur offre le choix des hommes, mais les femmes aussi se battent pour obtenir cette égalité. Et l'égalité que tu leur enseignes, celle entre les noirs et les blancs, n'est-ce pas la même que celle que l'on aimerait entre les femmes et les hommes, une égale dignité des êtres humains et une égalité en droits !
- Tu as raison, Pignouf. De Miriam Makeba, j'en parlerai aux élèves. Et puis ils n'en ont sans doute pas une image idéalisée comme on a tous à présent une image idéalisée de Martin Luther King, de Nelson Mandela et de Barack Obama. On a certes besoin d'icônes pour y croire, mais dans Come Back Africa, Miriam Makeba apporte de sa voix, de son âme et de sa chair, et d'une voix, d'une âme et d'une chair, c'est de cela qu'on est tous composé, quelles que soient nos différences !"
Par RanDom
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Dimanche 9 novembre 2008









































































J’inaugure cette nouvelle rubrique « nos couleurs » par une petite histoire dessinée par Marjane Satrapi. J’ai reproduit au format A4 une séquence de six petites images,  à la gouache et à l’encre, noires.  Elles se trouvent dans le tome 4 de Persepolis, l’Association, 2003. J’ai seulement changé la disposition des personnages et j’ai ajouté la dernière image qui fait intervenir les "gardiens de la révolution" (ou miliciens, comme vous voulez). Marjane Satrapi, elle, fait intervenir ces gardiens de la révolution « d’entrée de jeu » et conclut par la vignette vide de personnage, pour mieux nous laisser en suspens.

 

Je pourrais vous expliquer les raisons de cette course sur les toits d’une ville, en pleine nuit. Je préfère vous laisser imaginer. Vous connaissez la chute. Si vous souhaitez retrouver le début de l’histoire et son fin mot, je vous conseille de lire cette BD de la dessinatrice iranienne. Cette scène se déroule un soir où nous pourrions faire la fête, en toute liberté. Je ne dis pas qu’en Iran, les habitants s’en privent, au contraire… Mais voilà, nous décrit Marjane Satrapi, les « quelques risques » si certaines limites sont franchies. Quelles limites ? Eh bien à vous de les découvrir dans la BD, sinon dans le film Persepolis. Et si vous connaissez déjà l’œuvre de Marjane Satrapi, alors vous vous souvenez sans doute de cet extrait qui m’a frappé.

 

En de très courtes saynètes, parfois comiques, parfois tragiques, Marjane Satrapi est capable de suggérer l’absurdité d’un monde totalitaire. Et ses drames. Par ses dessins, si élémentaires qu’ils soient, elle sait insuffler la vie à l’intérieur de cadres rigides. Les personnages cherchent alors à s’échapper, et nous, lecteurs ou voyeurs, nous sommes ballottés avec eux. L’émotion que nous ressentons, la couleur noire nous y prépare. Ce que nous projetons dans la couleur noire est à la fois universelle (la peur, le mystère, l’horreur) et intime (l’introspection, les yeux fermés, la boîte à secrets). C’est aussi une couleur très utilisée dans l’art avec le clair-obscur, l’expressionnisme, les films noirs, la photographie… Par les contrastes entre blanc et noir, nous percevons une profondeur dans laquelle plonge notre imaginaire.

 

 Le noir est aujourd’hui revêtu de beaucoup trop de significations pour nous en sortir. On peut rappeler, au terme de cette « noire petite histoire d’une nuit en pays totalitaire », l’une de ses significations premières, le deuil. Après la Toussaint, avant le 11 novembre, c’est un peu de circonstance.

 

Marjane Satrapi est celle qui m’a appris à redécouvrir le noir, à notre époque où l’électricité l’emporte et où l’or de cette couleur décline. Je me suis mis à reproduire certains de ses dessins pour préserver les émotions que j’avais ressenties à la lecture. Comme un enfant s’amuserait à se faire peur en se replongeant dans le noir complet.

 

Je mets des liens à d'autres de mes dessins sur mon blog qui s’inspirent de l’œuvre de Marjane Satrapi, ma dessinatrice préférée. Elle m’a fait redécouvrir le noir, la Perse et l’Iran.

Mon premier baiser de cinéma

S'instruire pour entretenir sa petite maison

Comme il me l'indique dans son précédent commentaire, Gari commence une série d'oeuvres en noir et blanc. L'occasion est trop belle : je mets un lien à sa création intitulée "Complémentaires humaines" pour prolonger cette évocation du noir. Certains diront qu'il n'y a plus de couleurs sur sa toile mais puisqu'on vous dit que le noir et le blanc sont des couleurs ! "Et forcément, l'oeil cherche sans savoir ce qui lui manque... ou non" me dit Gari.

Par RanDom
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Samedi 4 octobre 2008

Je ne peux m'empêcher d'évoquer mes Landes natales dans le 40e article de mon blog. Je suis né à Mont-de-Marsan mais n'y ai pas vécu plus de 4 ans. Cependant, ma carte d'identité et les fichiers informatiques m'identifient comme Montois et, depuis 32 ans, je ne peux m'empêcher de tourner mes regards vers le Sud-Ouest. Après être remonté par la Champagne (Romilly-sur-Seine dans l'Aube), je suis redescendu dans la Touraine, mon pays d'adoption, celui où je fis mes études et devins professeur d'Histoire-Géographie. Ce métier me renvoya dans le Nord, en Picardie, mais il ne me fallut pas cinq ans pour « rentrer » au sud de la Loire. Je découvre Limoges depuis trois ans. Ses paysages, entre vignobles tourangeaux et vignobles de Gascogne, m'ont conquis. C'est la première fois que j'ai l'occasion de me stabiliser dans une région de la France. Mont-de-Marsan pour ma naissance, Tours pour mes études, Limoges pour ma vie active, telles sont les trois villes qui construisent ma vie, et de ce fait, mon blog.



Mont-de-Marsan est surnommée « la ville aux trois rivières » car elle se situe au confluent de la Douze et du Midou qui forment ainsi la Midouze, un affluent de l’Adour. D’où peut-être mon besoin de vivre à côté de cours d’eau et de ponts, comme ce fut le cas à Orléans, à Compiègne (avec l’Oise), puis ici, près de l’Auzette, affluent de la Vienne.

Histoire de rivières mais aussi de bases militaires… Chez les Romains, on appelait les enfants, nés de légionnaires, des fils de camps. La première moitié de ma vie m’a donc fait avoisiner les bases BA 118 (jusqu’en 1980), BA 914 (Romilly/Seine de 1980 à 1984) puis BA 705 (Tours et Cinq-Mars-la-Pile de 1984 à 1999). D'où ma passion, depuis tout petit, pour les avions. Et c'est peut-être pour ça, les bases aériennes, que je me sens Montois aussi bien que Tourangeau.



Côté sport, Mont-de-Marsan a des arènes (fameuses courses landaises) mais je préfère encore le rugby. Les jaunes et noirs sont montés dans le Top 14 avec la simple ambition de se maintenir cette année.

 


Être né à Mont-de-Marsan m’a valu, en 1985, face au choc Girondins de Bordeaux (Giresse) – Juventus de Turin (Platini), alors que je ne savais pas qui supporter, la réflexion de ma mère : « Puisque tu es né pas très loin de Bordeaux, tu pourrais au moins supporter les Girondins ! » Et cela fait 23 ans que j’obéis à ma mère (et que je regrette Alain Giresse et Joël Bats qui est Montois). Pour poursuivre avec la couleur jaune des maillots montois, j’ai appris plus tard que les Girondins traitaient les Landais de mangeurs de maïs (pour ne pas citer les autres injures, bien naturelles de la part de voisins…) Aujourd'hui, les Girondins perdent encore face aux Italiens. A la même époque que Giresse, je pus applaudir le passage du Tour de France dans la forêt landaise, tout fier de voir en vrai (c'est-à-dire ailleurs que dans la petite lucarne en noir et blanc), le blaireau Bernard Hinault, bien sûr avec le maillot jaune.

Enfin, il se peut que vous rêviez de maisons landaises. Vous n’aurez pas de mal à en trouver sur les sites d’agences immobilières. Mais sachez que la forêt de pins est artificielle et ne date que du XIXe siècle. Et notez que, si notre patrimoine paraît moins glorieux que les châteaux de la Loire, les Landes font encore l’objet d’un tourisme politique, de François Mitterrand à Alain Juppé (qui lui est vraiment Landais).

 

Je pourrais en écrire plus long mais ce serait ma vie privée et ce ne serait pas passionnant. Cliquez plutôt ici pour découvrir l’office de tourisme de Mont-de-Marsan.

Ne manquez pas de cliquer aussi sur ces liens :
La gare de Mont-de-Marsan : plusieurs cartes postales et photos à travers le temps. Le train des Landes de Gascogne n'est pas comme les autres : il traverse la plus grande forêt d'Europe ! Ce site recense ainsi les différentes gares... Pour les passionnés de la vie des rails.

Tout savoir pour faire du tourisme dans les Landes : ce site vous propose carte, adresses, météos et photos du 40. un incontournable pour le 40ième article de mon blog.

Pour ceux qui ne peuvent s'empêcher de parler politique même en vacances, un article de Marianne : "
Les Landes de Mitterrand à Juppé".

Le Sud-Ouest dans la rubrique : "Sports et clochers"  :
cliquer ici.

Glossaire : quelques mots landais
Ces mots ont été glanés par mon père au fil de ses lectures. Je les recopie ici pour donner un supplément d'âme et de (bonne) chair à mon article. Les mots ne sont pas classés. Mais le hasard fait souvent bien les choses et les termes s'enchaînent comme après un bon repas bien arrosé.

MONT-DE-MARSAN = MOUN
moussu = monsieur
mirouflet = petit homme
gouyat(te) = petit(e) enfant
maynade = jeune fille
hilhète = fillette
sourhilhète = soeur
pitchou = petite fille
hari-harou = étourdi
beromac = garnement
pégoule = idiot
pégote = simplette
saletat = souillonne
pèle-higue = fainéant
peluset = débrouillard
festayre = fêtard
nobi, nobios = fiancé(e)s, amoureux
conio = petit con
gran coulhous = grand couillon
cague-dret = emmerdeur
viejos = vieux
bielnaque = vilaine vieille
macareou = maquerelle
mestes = maître
marquès = marquis
paloumeyre = chasseur de colombes
serrelèbe = braconnier
galitor, tourtejayre = boîteux
bourrolou = rebouteux
borni = borgne
la pèt et lous ossos = la peau et les os
deganasse = dégingandé
esflanquet = efflanqué
mourroc = boule de graisse
pet' = pas un pet d'eau, peu de gouttes
cure-boutelhes = ivrognes
bourret = piquette landaise (bernache)
aygue ardente = eau-de-vie d'Armagnac
piche-binagre = pisse vinaigre
pingaïs = poulet haut sur pattes
pioucot = jeune poulet
dioubiban ! = nom de Dieu !
pouta ! = putain !
ADICHATS ! = Adieu, au revoir !

Comme le dirait Pignouf87, vous voilà désormais particulièrement armés pour échanger quelques mots avec l'autochtone landais, qu'il soit berger sur ses échasses, surfer sur les vagues de l'Atlantique, militaire sur ses gardes, ou rugbyman sous la table après la troisième mi-temps...

Par RanDom
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Samedi 13 septembre 2008

Ces gouttes d'encre noire sur papier blanc velouté
comme il se doit pour un baiser de cinéma...

Pour le dessin : clin d'oeil au dessinateur David B et à son "prologue des amoureux"...
Pour les couleurs : hommage à Marjane Satrapi.
Pour les lèvres : des mots, toujours des mots !
Par la bouche : ta salive, Auzette...

Pour en lire plus sur les bandes des cinés...



Par RanDom
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Des mots entre nos chairs

Notre plaisir tient à ce baiser mêlant aux mots des autres nos propres mots pour composer des chairs, des chairs qui, entre nous, pourraient nous rendre légèrement sensibles. Alors bienvenue sur ces rives où Dam & son coblogataire Pignouf vous accompagnent.

De leur écriture.

Et n'oubliez pas de balancer votre petit caillou pour en compter les ricochets. On ne sait jamais, peut-être bien que l'Auzette...

Quelques notes de passage

Un mot plus haut

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