Eh bien dansez maintenant !

Samedi 13 juin 2009

        Mel Tormé nous a quitté il y a 10 ans. J'avoue que je ne le connaissais pas, avant la lecture du Jazz magazine d'avril 2009 (n° 602) consacré aux voix à suivre...

Mes derniers articles de la série sont surtout consacrés à des voix féminines et c'est effectivement par elles que je suis entré dans l'univers du jazz.

Autres voix, autres vies (1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6).

Mel Tormé (né à Chicago en 1925 - mort à Los Angeles en 1999) fait donc partie de ces rares chanteurs de jazz qui me touchent à ce point. Et le fait qu'il ne fut pas seulement chanteur, mais aussi pianiste, batteur, compositeur et parolier, me rend encore plus admiratif. À quatre ans, il chantait à la radio ; à neuf, il fut acteur ; à quinze, compositeur de chansons. Une fois libéré de ses obligations militaires, en 1944, il monte une formation vocale, Mel Tormé And His Mel-Tones. À la fin des années 1940, devenu populaire, il commence une carrière de soliste, se produisant aussi bien à la radio qu'à la télévision, au cinéma et en cabaret.

Mel Tormé ne possède sans doute pas le talent de Franck Sinatra mais, parfaitement maître de sa voix, il est dans sa catégorie des crooners celui qui est le plus en sympathie avec le jazz. Son timbre vocal lui valut d'être surnommé "The Velvet Fog" (Le brouillard velouté). L'élégance de son phrasé, son savoir-faire harmonique, son acuité rythmique (de batteur), expliquent le succès de sa carrière. Son passage éclair à la Grande Parade du Jazz de Nice, en 1981, fut une révélation pour beaucoup.

♥ La vidéo suivante (3'45) est extraite d'un concert donné lors du festival Fujitsu - Concord Jazz du Japon (1988). Mel Tormé, à 63 ans, s'y révèle un épatant showman qui met à profit toute son expérience pour nous filer la pêche... Et avec une telle aisance ! Admirez comment sa voix joue avec l'orchestre, joue tous les instruments, jusqu'à nous faire fondre dans sa musique. C'est captivant !



♥ Cette révélation m'a donné envie de remonter le temps et de partager avec vous d'autres facettes de cette voix signée "The Velvet Fog" ainsi que ses talents de batteur. Pour éviter tout désagrément lors de l'écoute, je vous conseille d'attendre le chargement complet de la vidéo suivante.

Par Dam
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Jeudi 11 juin 2009

Difficile de trouver des informations sur Gloria Wood qui unit ici sa voix aux trompettes de Pete Candoli et de Conrad Gozzo. Le titre "Hey Bellboy !" est un bon vieux jeu de mots évoquant à la fois les conversations intimes au téléphone (bell) et l'enfer où nous élèvent charmants garçons (hell boy) et pin-up des années 1950. Ce bon vieux jeu de mots constitue, en fait, les seules paroles de cette chanson...

C'est en juin 1953, à Los Angeles, que ce titre est enregistré. Le 45-tours semble aujourd'hui difficile à trouver ; heureusement, une vidéo sur YouTube permet de goûter aux unissons "sexy" voix-trompette de Gloria Wood et Pete Candoli sur des images de jolies filles pendues à leur téléphone. Le comble du chic serait de télécharger ce tube des fifties sur son téléphone portable... Puis d'appeler son petit copain : "Hey Bellboy !" Le risque est bien sûr qu'il se demande si vous le prenez pour une "cloche" (bell) ou pour un boy à votre service !

Les ascensions suraïgues de Gloria Wood annoncent celles de Christine Legrand (soeur du compositeur Michel Legrand) qui ont magnifié quelques morceaux d'André Hodeir et des bandes originales de films (parmi lesquels Les Parapluies de Cherbourg).

Mais qui connaît Gloria Wood ?
Je suis tombé sur un article du Time du 26 mai 1958 pour en savoir plus. On y apprend que Gloria Wood est une jolie fille pétillante aux cheveux auburn dotée d'exceptionnelles qualités de chant. Grinçante ou sucrée, elle prêta sa voix à de nombreux spots publicitaires. Pas de souci d'argent pour Gloria ! "I like making money" admet-elle, "But I'd like to be known for all the things I've done. Nobody knows Gloria Wood !" Comprenons bien qu'à l'argent, Gloria préfère la gloire...

Et quelle gloire ? Tapez Gloria Wood sur Google et vous verrez s'afficher en premier la vidéo suivante :


Gloria Wood est également connue pour son interprétation de la chanson de Woody Woodpecker (avec Kay Kyser, années 1940).


Sa voix participe à des ballades romantiques comme à des dessins animés de Walt Disney. Dans Hey Hellboy, on retrouve d'ailleurs certains accents qui nous font penser ou bien à des créatures pulpeuses de Tex Avery, ou bien à Marilyn Monroe, pour qui elle chanta dans River of No Return.

Voir la fiche IMDb de Gloria Wood.


♥ Retrouvez les précédents articles de la série Autres voix, autres vies, en cliquant sur le lien correspondant, en bas de page ↓.

Par Dam
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Lundi 8 juin 2009

        Cette chanson, elle s'inscrit au fond de moi, dans ma tête, dans mon coeur, dans mon âme, entre mes ailes... Que celle à qui je pense sur cet air me pardonne si je suis incapable de le lui chanter comme le fait la blonde et suédoise Anna. 


WHAT HAVE I DONE

You are my everything
My head, my heart, my mind, my wing
I could give all again
I'm never short of anything with you

The jokes, the laughs, the teardrops too
The games, the fun, the travels too
I'd go though it all with you
All good things now come from you

I hope you feel the way I do
I hope you give yourself up too
I'm damned to feel the way I do
What have I done to fall so hard for you

I give my everything
My head, my heart, my mind, my wing
The past, the present, tomorrow too
I'd spend my final day with you

I hope you feel the way I do
I hope you give yourself up too
I'm damned to feel the way I do
What have I done to fall so hard for you

Le site d'Anna Ternheim ; Anna Ternheim sur My Space.

↓ Retrouvez mes autres chansons du lundi matin en cliquant sur le lien correspondant, en bas de page.

Par Dam
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Mercredi 15 avril 2009

Voix de femme ? D'adolescent prépubère ? Voix bleue, très sombre. D'un charme paradoxal. D'un chant pas comme les autres.
Voix déchirée, voix déchirante.

Enfance désastreuse, mère déchiquetée sous ses yeux par un chauffard, orphelinat et séparation d'avec ses frères et soeurs, tristesse inguérissable et présence incandescente, sa vie est un filon pour tout journaliste musical porté sur le pathétique.

Jimmy Scott est né en 1925, il chante à douze ans. Peu après, il est atteint du syndrome de Kallmann qui arrête sa croissance et lui fait conserver sa voix d'adolescent. Découvert à 18 ans par Lionel Hampton, il part à New York l'année de ses 20 ans. Sa voix comparable à celle d'une femme y connaît le succès. Premier hit en 1950 avec Everybody's Somebody's Fool. Il obtient l'admiration des plus grands, de Ray Charles à Marvin Gaye, qui rêvent de chanter de façon aussi émouvante que lui. Mais toute sa carrière, le briseur de coeurs est avant tout considéré comme un monstre de foire. Un producteur, pour exploiter son mystère, mit sur la couverture de l'album The Source, en 1969, le visage d'une femme noire. Jimmy Scott, abusé par des producteurs véreux, sombre ensuite dans l'oubli, travaillant comme aide-soignant dans un hôpital puis commissionnaire bagagiste dans un hôtel.

 

Alors qu'il chantait Someone to Watch Over Me (le morceau précenté ci-dessous) au cours des funérailles d'un grand compositeur de blues américain (en 1991), le producteur de Madonna, Seymour Stein, craqua pour cette voix et d'autres artistes, parmi lesquels Lou Reed et Bob Dylan, le redécouvrent.

"Il a la voix d'un ange et peut vous briser le coeur." (Lou Reed) David Lynch, Joe Pesci et Robert De Niro deviennent spontanément ses attachés de presse. Son album de retour, All the Way (1992), où il est accompagné par le grand pianiste Kenny Barron, ravit aussi bien les amateurs de jazz que de pop avec ses chansons à vous flanquer le cafard.

Son biographe, David Ritz, explique : "Dans la fragilité de cette voix, il y a une force énorme. Ses chansons disent que nous pouvons vivre avec nos inconséquences ; nous pouvons être des fous et pourtant survivre ; nous pouvons encore espérer ces "pennies from heaven". Nous le regardons pour apprendre comment vivre nos vies avec patience, dignité, et un sens de la beauté qui émerveille."

La vidéo suivante, sur un enregistrement de 1955, nous montre une série de photos de sa carrière.


 




Liens :
Le site officiel de Jimmy Scott.

Jimmy Scott sur MySpace.

La ballade de Little Jimmy Scott, par le New York Times : "Jimmy Scott is perhaps the most unjustly ignored American singer of the 20th century."

→ Cliquer ici pour suivre la série : Autre voix, autres vies (6).

Par Dam
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Lundi 13 avril 2009

Nellie Lutcher (1915-2007) tapa dans l'oreille d'un représentant des disques Capitol. Il y avait de quoi ! Son swing spectaculaire, son scat excentrique et sa prononciation caricaturale lui firent connaître une éphémère popularité aux Etats-Unis et les juke-box des années 1950.

Mais rien n'empêche, encore aujourd'hui, de mettre une nouvelle pièce dans le juke-box virtuel, pour l'écouter toujours...

Par Dam
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Samedi 11 avril 2009
Engagée à l'automne 1944 par Duke Ellington, elle reste jusqu'en juin 1950 dans l'orchestre. En plus d'interpréter les chansons habituelles, elle devient une sorte d'instrument supplémentaire. Ellington reprenait là une direction où il s'était engagé, déjà en 1927, avec Adelaide Hall : traiter la voix humaine comme un instrument. Surtout connue pour sa participation à l'emblématique Transbluecency, Kay Davis (née en 1920) élargit donc la palette d'Ellington grâce à la souplesse de son timbre de soprano. Elle est venue en Europe avec Ellington en 1948 et en 1950, peu avant de cesser toute activité musicale.


Lire sa biographie sur le site allmusic (en anglais).

Malheureusement, je n'ai pas encore pu l'écouter dans un autre morceau phare de sa carrière, On a Turquoise Cloud, enregistré à New York le 22 décembre 1947.


→ Cliquer ici pour suivre la série : Autre voix, autres vies (4).

Par Dam
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Jeudi 9 avril 2009

Leo Watson (1898-1950) est un multi-instrumentaliste qui nous fait apprécier ici ses talents de swingman irréprochable et son humour. Pionnier du scat, il influença nombre de vocalistes. Le voici chanteur-vedette des Spirits of Rhythm (en 1941).

Par Dam
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Des mots entre nos chairs

Notre plaisir tient à ce baiser mêlant aux mots des autres nos propres mots pour composer des chairs, des chairs qui, entre nous, pourraient nous rendre légèrement sensibles. Alors bienvenue sur ces rives où Dam & son coblogataire Pignouf vous accompagnent.

De leur écriture.

Et n'oubliez pas de balancer votre petit caillou pour en compter les ricochets. On ne sait jamais, peut-être bien que l'Auzette...

Quelques notes de passage

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