De l'Auzette à la planète

Dimanche 22 mars 2009

         Cher Alex MacLean,

        Pour mes élèves, un paysage est un cadre naturel où s'élèveraient des collines verdoyantes, voire des montagnes rocheuses, et où s'écouleraient des rivières serpentines sous un ciel bleu parsemé de nuages - cotons. Il y aurait des oiseaux, des vaches limousines et peut-être, Adam et Eve main dans la main.

Pour les admirateurs de Yann Arthus-Bertrand, un paysage est encore naturel sans les hommes ou si les hommes s'y retrouvent petits ; vu de son ciel, le monde habité, exploité, s'abîme. On voudrait y retrouver une harmonie des formes et des couleurs et l'on recherche encore les traces de ce jardin d'Eden où Adam et Eve ne maîtrisaient guère que les pommes - du Limousin.

        Mes élèves occupent leurs paysages de scènes rêvées et réjouissantes où ils épuisent leurs hormones en donnant corps à leur coeur. Les admirateurs de Yann Arthus-Bertrand occupent leurs demeures tout confort de photos de ces paysages, de calendriers pour tourner des pages, de DVD pour amener dans leurs télévisions urbaines les images d'une nature qu'ils jouent à regretter - Dieu Lui-même ne sait pourquoi.

Vos paysages, Alex MacLean, je les ai découverts sur votre site d'une beauté métallique qui me donne des sueurs froides. Pendant que d'autres recherchent les traces de nos civilisations perdues, comme si retrouver l'Atlantide éviterait à la nôtre de disparaître, vous (permets-moi de te vouvoyer), vous inversez les codes et nos regards en montrant les traces bien réelles de notre civilisation éphémère - mortelle.

De votre avion, vous ne trahissez pas seulement le mépris américain pour la nature, vous dévoilez l'absurdité de nos cultures dont les géométries charmeuses scarifient l'écorce terrestre en comblant d'artifices les plaies que nous faisons saigner sans aucun regret. Juste pour le bonheur d'une vie qu'on croit possible de prolonger à l'infini sinon dans un au-delà qui, faute d'être chrétien, serait meilleur. Je ne suis pas croyant, Alex MacLean, ou ne suis-je peut-être croyant qu'à ce que je vois - et que vous nous montrez à votre manière.

Champignons urbains bâtis en plein déserts, golfs verdoyants plaqués sur des collines arides, forêts décimées, parkings sans fins... Vous les survolez depuis plus de trente ans, à 10 000 ou 15 000 pieds de hauteur, lâchant les commandes de votre petit avion pour armer, viser, shooter ces cicatrices indélébiles creusées dans notre planète. Qui êtes-vous, Alex MacLean ? Artiste photographe ou sociologue militant ? Je vois dans vos photos cette fameuse american way of life - ce gaspillage des ressources, ces dépendances à la voiture, à l'air conditionnée, à la consommation futile - qui fait vivre les hommes à l'endroit où il y avait...

Où il y avait les paysages verdoyants de mes élèves y rêvant de leurs premières amourettes. Et aujourd'hui, pendant que mes élèves râlent s'ils plantent leurs ordinateurs, vous, Alex MacLean, vous nous plantez tout le décor ! Merci de votre contribution à cet art qui sert aussi à notre conscience. Quand les élèves me demanderont ce que signifie le label "développement durable", je leur répondrai : "rien d'autre que ce que l'homme a toujours fait : se développer pour durer un peu, beaucoup, à la folie (pas du tout)." On voudrait se fondre dans l'environnement, on voudrait s'adapter à notre milieu, mais vos photos, Alex MacLean, nous révèlent plutôt un trait de la nature humaine qui est sa capacité à se passer de nature, quitte à tirer un trait sur son avenir trop lointain.

Se passer de nature, pour l'admirer en parcs ou en photos...


Le trait, c'est la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Côté mexicain, l'empilement des maisons avec rues en quadrillage ; côté Etats-Unis, un parking de caravanes géantes, dispersées sur un terrain aride, avec des routes inutilement larges. Voilà deux sociétés face à face pour lesquelles la nature n'a plus de sens (haut / bas / fragile).

Cette photo en dit long sur l'usage que nous faisons de ressources que l'on sait pourtant limitées : combien d'eau est nécessaire pour que ces gens s'amusent au golf dans leurs collines arides ? Ce luxe extravagant pose aussi la question de la disparité des revenus. La partie de golf est un caprice de nantis, une absurdité qu'on impose à la nature et aux autres humains n'ayant plus d'eau.

Ces milliers de voitures, fabriquées au Japon, sont entreposées sur ce parking avant d'être acheminées dans tous les Etats-Unis. Cette photo illustre ainsi notre culture de la voiture aussi vitale que nos cultures de céréales (d'où la forme en épi). Monde moderne de l'éloignement où nous avons pris l'habitude de vivre loin du boulot, loin des commerces, loin des services. Est-ce le prix de l'essence qui nous forcera à nous rapprocher les uns des autres ?

Qu'est-ce que ces gens fichent dans ce carré planté au milieu de nulle part, en plein désert ? Il s'agirait de retraités qui, dans ce No Man's Land, peuvent devenir propriétaires à bon marché. Mais leur éloignement de tout  (aucun train, aucun bus) oblige les habitants de cette "colonie" à prendre leur voiture pour le moindre déplacement. la première bourgade se trouve à 8 km et la ville de Phoenix est à plus de 100 kilomètres...

Et ces gens-là feraient n'importe quoi pour être au bord de l'eau. Ces énormes villas sont installées sur d'anciens marécages brisant l'écosystème de la région. Il s'agit sans doute de résidences secondaires, utilisées quatre à cinq semaines par an... Avec air conditionnée.

Dans le temps, il y avait un marais rempli de vieux cyprès à cet endroit. Il a été complètement ratiboisé. Les arbres ont été tirés par câble vers le centre de la forêt. On distingue encore les traces, qui rayonnent vers le canal, où ils étaient ensuite embarqués sur des bateaux. Aujourd'hui, il ne reste rien du paysage original. Rien non plus qui indique que l'on ait songé à replanter. Le développement durable ? Ici, on a préféré tout couper, on a préféré tirer un trait...

        Après avoir vu votre site et noté les références de votre livre (1), Je vous prie de recevoir, Alex MacLean, mes sentiments les plus respectueux pour votre art de nous séduire en nous inquiétant.

P.S. : Pour Pignouf, un paysage se résume à une allée d'antiques pavés où percent des pissenlits sur lesquels le voilà qui s'allonge, mains rejointes sous la nuque, pour perdre ses yeux dans les nuages. De l'espace, combien de satellites se marrent en l'observant rêver...


(1) Over, coédition La Découverte / Dominique Carré, 336 pages.

Par Dam
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Mardi 3 mars 2009

        Cher Rubén Araya,

 

        Ne connaissant pas l’adresse exacte du panneau publicitaire au dos duquel vous vivez, je me permets de jeter cette lettre à l’Auzette ; nul doute que par des courants détournés, elle vous parviendra : il doit y avoir, de ma rivière à votre rivière Mapocho, suffisamment de ponts.

 

        Je ne vous écris pas au sujet des ovnis qui, d’après mes informations, vous intéressent et qui, en France comme au Chili, dissimulent leur identité sous un tas de rêves illuminés. Je n’oserais pas non plus comparer votre vie à cette vie extra-terrestre que le VLT (Very Large Telescope), situé au nord de votre pays, s’emploie peut-être à déceler alors même que tant d’existences terriennes restent à découvrir et explorer. La vôtre, par exemple, s’élève depuis deux ans au verso d’un panneau publicitaire de plus de 16 mètres de haut. Vos voisins vous ont surnommé « l’homme-oiseau » et vous pouvez les observer de votre cage d’un mètre sur deux, à la fois lieu de travail et domicile fixe.

 

        Vous devez craindre, en lisant ces dernières lignes, que je ne vous soûle à propos du boulot ; peut-être auriez-vous préféré, en lieu et place de ma lettre, une livraison de boissons pour vous ravitailler et picoler avec votre collègue qui garde lui aussi une affiche, dans un autre quartier de Santiago. Je souhaite tout de même que mes mots égayent une journée que vous remplissez habituellement en buvant et en regardant la Cordillère des Andes, tout comme un gardien de phare viderait quelques bouteilles en contemplant la mer. Or si j’ai bien compris, vous n’êtes pas un gardien de phare, mais un gardien de panneau publicitaire, qui gagnez l’équivalent de 90 euros par semaine pour subvenir aux besoins de votre famille.

 

        Ne croyez pas que je cherche à vous rabaisser en comparant vos revenus avec les miens et en m’apitoyant sur votre sort. Nous arriverions vite à nous accorder sur le fait que nous sommes toujours plus pauvres que les uns et plus riches que les autres. Ce qui, en l’occurrence, est bien le cas, puisque de votre poste d’observation, vous avez une vue imprenable sur la pauvreté dans votre pays et la richesse affichée sur ce fameux panneau publicitaire. En découvrant votre vieille télévision et le peu de confort dans lequel vous vivez, je comprends qu’à trop contempler la montagne, vous y voyez le visage de Dieu.

 

        Et si j’ai tant tourné autour du pot et de la boisson, dans un paragraphe précédent, ce n’est pas pour débattre de la descente de Dieu sur terre, du retour de son Fils pour vous libérer de votre perchoir ; si j’ai mentionné avec impudeur les bouteilles que vous descendez, ce n’est pas non plus pour faire le lien avec la bouteille de Coca-Cola, rouge, d’où s’épanchent, d’après votre panneau publicitaire, toutes les couleurs d’un Paradis qui porterait le nom de votre pays, pour vous, le Chili… Vous aurez compris que je n’ai aucune action dans cette boîte multinationale, je n’ai aucun intérêt à faire sa publicité et je suppose que vous, comme moi, préférez l’alcool, sinon un bon jus de fruit frais, voire simplement de l’eau, à cette boisson américaine venue du Nord. Je pensais naïvement que cette marque, Coca-Cola, était si ancrée dans nos gènes culturels qu’elle n’avait plus besoin de parcourir le monde, de traverser montagnes et déserts, pour rappeler son existence à l’humanité entière…

 

        Déjà, je devine que vous me reprochez de remuer le couteau dans la plaie, me demandant : « Pourquoi continuer alors, même involontairement, à faire la publicité de cette bouteille rouge venue dans le Sud pour trouver, sinon le soleil, au moins de nouveaux consommateurs, comme les missionnaires de l’Église catholique convertirent en d’autres temps mes ancêtres ? » Et moi de vous répondre que je suis bien obligé de citer Coca-Cola puisque je vous écris, cher Rubén Araya, justement à propos du slogan qui s’affiche sur le panneau publicitaire où vous avez fait votre trou, votre nid d’ « homme-oiseau » :

 

REGARDEZ LE CÔTÉ COCA-COLA DU CHILI !

 

        À mon tour donc de vous poser une question, cher Rubén Araya : que voyez-vous lorsque vous regardez de l’autre côté de la publicité pour Coca-Cola ? Sur le panneau, représentant sans doute le bon « côté » du Chili, on voit sortir de la bouteille tous les clichés que je me fais de votre pays andin : la Cordillère, le Condor, les manchots de Patagonie jusqu’aux Moaï, ces fameuses statues de votre Rapa Nui (notre île de Pâques). Je doute que vous, de votre « côté », vous voyiez vraiment tout ce qu’on affiche là, même en buvant des litres de cette boisson, fameuse ou non. Votre horizon n’est-il pas plutôt l’autoroute, depuis laquelle on doit apercevoir la publicité ? L’arc-en-ciel qui s’échapperait soit-disant de la bouteille ne correspond-il pas, plutôt, au nuage de pollution qui vous empêche assez souvent d’apprécier la vue de la chaîne montagneuse ? Vous me direz : « C’est bien là le message ! Pour retrouver le côté traditionnel et l’âge d’or du Chili, il suffit de boire rouge ! » Et c’est vrai que vous buvez peut-être du rouge, cher Rubén Araya, mais il ne me semble pas que ce soit pour retrouver vos racines ; je pense surtout – mais ce n’est là qu’un avis personnel qui ne vous engage à rien d’autre qu’à sourire – je pense surtout que si vous buvez, c’est avant tout pour continuer de voir, malgré tout, l’autre côté du miroir, bien moins idyllique que le reflet du miroir qu’on vous tend.

 

        Loin du paradis chilien affiché sur ce panneau publicitaire, votre tâche consiste à vous assurer que le message lumineux puisse être vu jusqu’à l’autoroute. Si ce n’est pas le cas, Coca-Cola ne paye pas l’entreprise qui vous emploie. Dans le flot de voitures qui circulent, l’une d’entre elles s’assure que vous vous acquittez bien de votre travail. Et ce travail, si j’ai bien compris, est d’affronter l’autre côté de la pub, le côté du Chili qui volerait bien les cinq ampoules pour en tirer près de 500 euros pièce ou qui les détruirait à coups de pierres. De ce travail, vous vous en contentez : « C’est un boulot relax, tout ce que je fais c’est de m’occuper de ces ampoules, et c’est tout. Avant, je travaillais tous les jours jusque tard le soir et je n’arrêtais pas une minute, pas une minute ! » Alors, je comprends que vous aimiez votre perchoir ; je voudrais déjà vous y rejoindre, avec une bonne bouteille, bien sûr, pour discuter du rôle que devrait avoir le travail dans nos vies. Je vous demanderais :

 

Le travail est-il, doit-il être épanouissant pour le salarié ?

Le travail joue-t-il un rôle de ciment social, sert-il à sociabiliser les humains ?

 

Que me répondriez-vous, cher Rubén Araya, sinon que vous vous réveillez parfois dans votre cahute avec des envies d’ailleurs parce que vous êtes coincé ici tandis que la ville continue de se développer toujours plus. Et votre famille, où se trouvent-elles ? Et vos enfants, où vivent-ils ? Vous contemplez la Cordillère des Andes, vous rêvez du bon « côté » du Chili, celui que Coca-Cola nous propose de boire et qui s’étend même jusqu’à l’île de Pâques, cette île qui, autrefois, était la plus isolée du monde et qui, aujourd’hui, symbolise les civilisations perdues.

 

        Est-ce que vous vous souvenez du temps où vous avez pris possession de votre domaine ? Des types vous menaçaient de vous tabasser dès que vous poseriez le pied par terre. La première nuit, vous n’avez pas fermé l’œil de peur que l’un d’entre eux ne réussisse à grimper jusqu’à votre guérite. Ensuite, vous avez pris de la hauteur (au sens figuré) et vous avez su vous faire accepter en nouant des liens avec vos adversaires. « J’ai fini par m’y attacher, reconnaissez-vous. J’ai réalisé que ces petits cons avaient le même âge que mes enfants et que la majorité d’entre eux avaient été abandonnés. Je ne sais pas comment ils font pour être aussi malins. J’ai vu comment ils s’attaquent aux gens. Certains ont violé des filles qui passaient par là. Il y a un truc qui ne va pas chez eux. Mais je n’interviens pas. Je dois garder de bonnes relations avec eux. Ici, c’est dangereux. Tout est question de survie. » Et les deux cadavres que vous avez découverts au pied du panneau, vous avez tout de même dû les déclarer à la Brigade des homicides…

 

        Je ne maîtrise pas bien votre langue, Rubén, et je le regrette car je suis tout de même assez latin pour l’apprécier. Par exemple, le verbe « mirar » employé par Coca-Cola ne m’est pas étranger, et il me fait penser aux jeux de miroirs et de regards qui m’ont poussé à vous écrire cette lettre. Je suis en effet étonné que la firme Coca-Cola nous presse tant de regarder le Chili qui lui rapporte alors qu’elle ne vous donne droit qu’à surveiller le Chili qu’elle redoute. Une ouverture pratiquée dans la paroi de votre cahute vous permet de voir Dieu sans que Lui ne vous remarque. Une voiture qui file sur l’autoroute roule pour contrôler votre travail sans que vous ne puissiez voir les visages de vos employeurs. Voyez-vous, Rubén, j'ai oublié beaucoup trop de choses de mes cours d'espagnol pour discuter avec vous autrement que soûl. Mais je n'ai jamais oublié le souci de mes professeurs de nous communiquer leur esprit critique à l'égard des publicités vantant les "paysages idylliques" des pays latins. Et j'ai retenu que votre dignité, elle ne vous vient pas du "côté Coca-Cola" qui n'est que poudre aux yeux ; votre dignité, vous ne la devez sûrement pas aux firmes multinationales qui exploitent vos ressources et vous rémunèrent suffisamment peu pour offrir d'assez gros profits à leurs actionnaires.

 

        En vous découvrant, Rubén, j’ai vite eu l’envie d’écrire un polar… Il y a dans votre histoire presque extra-terrestre tous les ingrédients d’un bon roman noir. Hélas, je ne suis pas écrivain. Je me suis contenté d’écrire cette lettre. Rassurez-vous, cher Rubén Araya, il ne s’agit pas d’une lettre d’amour : mes lettres d’amour sont beaucoup plus courtes ou parfois plus longues, et je sais, selon vos dires, que des groupes d’homosexuels vous tracassent, lorsqu’ils viennent traîner au pied de votre perchoir, en vous faisant des propositions obscènes ou en voulant absolument vous rejoindre, en haut, pour vous tenir compagnie. Pour rien au monde, je ne voudrais vous y tenir compagnie, mais si je devais envisager notre rencontre hors de nos cours d’eau virtuels, j’imagine un bar où nous consommerions autre chose que du Coca-Cola.

 

        Cette lettre m’a permis d’évacuer ce sentiment de voyeur qui me fit lire votre vie. Maintenant débarrassé de ce sentiment désagréable, je vous prie de trouver en échange, cher Rubén Araya, un sentiment de respect, et des salutations passagères mais bien sincères.

Quelques liens utiles pour prolonger cette lettre :
La source d'information :
"El Hombre que Vive en un Aviso", article publié par The Clinic, hebdomadaire chilien. L'article est illustré par trois photos montrant le panneau publicitaire, Rubén Araya et sa guérite.

Un autre débat à propos de la publicité de Coca-Cola sur le site "Chile País de Diseño", concernant les clichés sur le Chili proposés par la firme multinationale.

Le surnom de Rubén Araya est l'"homme-oiseau". Ce surnom fait autant référence à la position "élevée" de ce Chilien qu'à un rite ancestral pratiqué à Rapa Nui.

Je profite d'envoyer cette lettre au Chili pour choisir un morceau d'Holden, groupe français de musique pop qui enregistra à Santiago du Chili.

Par Dam
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Mardi 24 février 2009

Il y a quelques années, lorsque j'ai demandé à Pignouf s'il n'avait pas honte de vendre ses histoires - ce qu'il fait encore aujourd'hui sur les rives d'Auzette - il me répondit qu'il apportait du rêve à ses clients, on pouvait donc bien le rémunérer...

"Dans quel monde crois-tu vivre, RanDom ?"

Bien sûr, il me suffisait de chasser Pignouf de mon blog et de ne plus lui offrir un espace de cerveau disponible. Au lieu de quoi je lui ai dit qu'il pouvait toujours faire rêver ses clients, que je n'en ferai jamais partie, que je n'étais plus un grand enfant à qui l'on peut encore vendre des histoires à dormir debout...

Pour bien marquer ma désapprobation, je lui ai mis sous les yeux un article de Télérama (n° 2906, 21 septembre 2005) reprenant les propos d'un auteur que je découvrais alors : Percival Everett. Je cite un extrait de l'auteur américain - extrait qu'on pourrait intituler : "PROMESSE DE PROFIT" et qui m'a beaucoup intéressé :
« Le plus abominable, dans cette horrible tragédie de La Nouvelle-Orléans, est que les eaux, en se retirant, ne dévoilent pas que des cadavres, mais une société qui jamais ne s’est souciée des victimes de leur vivant, et qui, ayant consenti quelques jours de deuil à tant de disparus, se tournera, satisfaite, si ce n’est ravie, vers la promesse de profit qui succède à la reconstruction d’une ville. »

 

"Les Américains, poursuit Percival Everett, vont un certain temps crier au scandale, puis simplement oublier. En toute bonne conscience, l’Amérique va tourner la page, même si aujourd’hui, nous sommes révoltés, déterminés à pleurer les milliers de morts, demain, nous allumerons la télé pour regarder le base-ball et les sitcoms. L’un des grands maux dont souffrent les États-Unis est que le gouvernement est devenu, assez ouvertement, le sponsor des programmes d’informations télévisées. Toute opinion sincère se montrant critique envers l’administration Bush est aussitôt étouffée, et désavouée par force protestations déclinant toute responsabilité de la chaîne pour l’opinion exprimée par un franc-tireur. Le mythe de nos médias libéraux n’a servi qu’à miner tout discours jugé critique pour le gouvernement. Ajoutez-y l’empressement des médias à se targuer de leur présence sur le front, et il reste bien peu qui mérite un quelconque effort d’attention. Si l’on ne peut se fier aux informations diffusées, on ne peut davantage se fier à sa propre perception du monde. Le genre de manipulation pratiqué par les médias et le gouvernement ne tromperait guère qu’un enfant. C’est ce qu’est le public américain, apparemment.  Cela explique la durée d’attention limitée dont notre nation est capable. L’une des stratégies possibles pour consoler un enfant consiste à lui offrir une nouvelle distraction, un nouveau jouet, un ballon rouge, une baisse d’impôts, une guerre. Le temps que se dissipe l’intérêt pour le nouveau jouet, la cause de la détresse initiale est oubliée. La diversion est l’arme majeure du gouvernement américain : le grand bébé roucoule, en attendant sa tétine."

J'ai publié début octobre 2008, un article sur Percival Everett. Je le reprends ici :
Percival Everett est né en Géorgie (Etats-Unis) en 1956. Il est diplômé de philosophie et a enseigné dans différentes universités de son pays. Par ailleurs musicien de jazz, il a appelé le personnage d'Effacement (son premier roman traduit en France), Thelonius Monk Allison...

EFFACEMENT : Extrait du roman de Percival Everett, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Laure Tissut, éd. Actes Sud, 2004, 366 pages.
Résumé : Universitaire brillant mais piètre romancier, on reproche à ce Monk de ne pas écrire "assez black". Sous un pseudonyme, il publie alors un roman bien misérabiliste. Et connaît alors le succès...

"De grands enfants amnésiques", c'est ainsi que Percival Everett décrit les Américains : rapidement diverti, le public oublie vite.

Depuis cet article, j'ai laissé de côté cet auteur ; si je le retrouve aujourd'hui, c'est pour son dernier livre, publié fin novembre 2008 chez Actes Sud, intitulé Glyphe.

Comme je pense que ce livre va bientôt faire partie de mes lectures vagabondes, j'en profite pour mettre quelques liens :

- La bibliographie de l'auteur (chez Actes Sud).

- La couverture et la 4e de couverture de Glyphe (sur le site de l'éditeur).

- La critique de Télérama (novembre 2008).

                                                                                         *
                                                                                     *      *

Je vois bien que Pignouf est vexé :

"Si tu veux qu'un jour j'arrête de m'incruster sur ton blog, ne faut-il pas que je gagne ma vie ? Comment ferais-je alors si je ne vendais pas mes histoires, c'est la seule chose que je sais faire ; c'est la seule chose qui m'attire une clientèle...

- Pignouf, alors arrête de parler de clientèle, je ne reproche rien à tes histoires, tu peux continuer de les vendre si c'est ton gagne-pain et si des gens te les achètent, mais je t'en prie, si tu réponds aux besoins de ces personnes juste dans le but de faire du profit, alors oui, j'arrêterais de t'héberger."

Par RanDom
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Samedi 31 janvier 2009

Le rêve de RanDom semble provenir tout droit  du blog de Ken Ohyama.

http://blog.livedoor.jp/sohsai/

J'aurais bien voulu vous l'interpréter, ce rêve randomien.

Je crains cependant que mes connaissances en langue japonaise ne soit plus limitées que les vôtres. Je me suis donc perdu dans ses photos de logement urbain relativement organisé. On peut retrouver plus simplement ces images sur Flickr :

www.flickr.com/search/people/?q=ken%20ohyama

Ken Ohyama arrive à rendre notre quotidien 
complexe voire monstrueux. Immeubles et échangeurs
autoroutiers, rigoureusement alignés, attirent l'oeil.


Ken Ohyama arrive aussi à nous rendre les fantômes de ces grandes villes, où nous errons, anonymes, comme en un rêve où rien ne peut plus se jouer. A moins que nous ne soyons des archéologues du futur à chercher un sens dans tous ces squelettes qui nous servent d'abris, de cachettes, ou de lignes de fuite. Est-ce le même photographe, alors, qui nous offre ces clichés de fleurs de cerisiers, pour notre jardin extraordinaire ? Oui, nous croyons rêver, ce n'est pas encore de l'acier.






Et pour finir le mois de janvier en beauté, au Japon :


(Photos de Ken Ohyama)

Par RanDom
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Vendredi 30 janvier 2009

Documentaire télévisé : Aral, chronique d’une mer asséchée.

 

Réalisateur : Nicolas Millet et Sylvain Tesson (France).

Producteur : Bonne Pioche - Année : 2002 - Distribution : Terranoa.

Durée : 52 min.

 

Que la mer d’Aral s’évapore, c’est bien naturel. Mais ce phénomène, jusque-là compensé par les eaux du Syr-Daria et de l’Amou-Daria, fut amplifié, au cours de ce dernier demi-siècle, par les hommes, soviétiques, qui transformèrent de vastes territoires en champs de coton réclamant beaucoup d’eau. Les fleuves se tarissent et les actuelles républiques d’Asie centrale doivent faire face à la disparition de la mer d’Aral. Rien d’inexorable, pourtant, mais les dégâts sont bien présents. Foutu héritage !

Sylvain Tesson a parcouru la région, de la source du Syr-Daria à la mer d’Aral, en traversant l’Ouzbékistan, Tachkent, Boukhara, le désert de Kyzylkoum, Muynak. Tandis que les fleuves s’assèchent, la vie s’épuise et des régions, jadis prospères et célébrées par les voyageurs pour leur vitalité, deviennent des lieux fantomatiques. Des carcasses de bateaux gisent dans un désert, une poissonnerie tourne au ralenti, que reste-t-il aux marins, hormis la déprime ?

La mer d’Aral a perdu la moitié de sa surface en cinquante ans. C’est l’une des catastrophes environnementales majeures du XXe siècle.

Informations détaillées sur le site :
http://www.film-documentaire.fr/film.php?id=11900,
sur le site du ministère de l'écologie :
http://www.ecologie.gouv.fr/Aral-chronique-d-une-mer-assechee.html.



Visiter le site de Vincent Robinot, le réalisateur de cette vidéo.

Par RanDom
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Vendredi 16 janvier 2009

Le Danube a bien passé l’année 2009 mais ne traverse toujours pas la Bulgarie. Elle borde seulement le nord de ce pays d’Europe de l’Est sur plus de 470 kilomètres. La municipalité de Svishtov est la zone la plus au sud du Danube, et donc le point de départ de la route la plus courte du Danube vers la mer Egée.

 

Localiser Svishtov sur une carte.

Lire plus de précisions sur le site (en français) de la municipalité de Svishtov.

 

« Si le Danube traversait la Bulgarie, ce fleuve se jetterait sûrement dans la mer Égée, conclut Pignouf. Or, au lieu d’aller toujours plus vers le Sud, comme le ferait n’importe quel touriste en quête de Méditerranée, le Danube repart vers le Nord et traverse la Roumanie… »

 

En novembre 2008, le Gnouf et Moi nous interrogions sur le cours de ce fleuve européen.

Pourquoi le beau Danube bleu se jette-t-il dans la mer Noire ?

Quatre hypothèses furent passées en revue. Sans nous convaincre vraiment. L’ami Gnouf m’offrait donc l’occasion de revenir sur ce sujet et de nous remettre à l’ouvrage. Le Danube se jetterait dans la mer Noire pour éviter la Bulgarie. Il me fallait comprendre pourquoi.

 

Le Danube prend sa source en Allemagne. En 1989, un mur s’effondre à Berlin. Une série d’événements est prévue cette année pour commémorer les 20 ans de l’écroulement du régime communiste (expositions, festivals, débats et concerts). Les Allemands retrouveront des briques de ce mur, ou les fabriqueront, pour les vendre en guise de souvenirs. Tout le monde sera de la fête pour partager sa propre expérience de novembre 1989.

 

Le Danube pourrait aussi commémorer 1989 en Pologne. Le Premier ministre Donald Tusk a annoncé que les Polonais se souviendront de manière solennelle, le 4 juin à Gdansk, de ces élections parlementaires historiques remportées par le mouvement Solidarnosc en 1989. Les dirigeants et les intellectuels de toute l’Europe sont conviés. Et si le Danube pouvait…

 

Ces commémorations ne se limitent pas à l’Europe. Elles touchent bien sûr l’Amérique (dont le modèle économique fut déclaré vainqueur de la Guerre Froide cette année-là). Une fondation américaine vient ainsi d’ouvrir le Global Museum on Communism sur le Web (www.globalmuseumoncommunism.org) pour « rendre hommage aux 100 millions de victimes du communisme à travers le monde ».

 

Et le Danube, après avoir traversé la capitale de la Slovaquie (Bratislava), puis celle de la Hongrie (Budapest), préfère la Roumanie de Ceausescu (exécuté le 25 décembre 1989) à la Bulgarie… Pourquoi ? En Bulgarie aussi, on marquera les 20 ans de la fin du communisme.


« Marquer n’est peut-être pas le mot exact car, pour l’instant, les autorités n’ont prévu aucune forme de commémoration et encore moins de festivités sur ce thème. (…) La question de la commémoration est peut-être plus douloureuse qu’ailleurs, parce qu’il nous manque encore beaucoup d’éléments pour comprendre les événements de cette année-là. Nous ne savons toujours pas ce qui s’est réellement passé en 1989 en Bulgarie. Nous n’avons toujours pas réglé nos comptes avec le passé. Nous ne disposons même pas d’un lieu ou d’un symbole pour concrétiser cette révolution. Nous n’avons ni le Mur ni Gdansk, et nous avons perdu cette impressionnante concentration d’espoir et de détermination qu’ont connue les rues de Sofia à cette époque. Souvenez-vous des mots d’ordre d’alors :

« Le temps nous appartient ! »,

« La dernière valse »,

« Le meilleur est à venir » !

Le premier est devenu : « Lorsque le moment viendra… », le deuxième une interminable farandole, et le troisième un slogan publicitaire pour une compagnie de téléphonie mobile. »

 

Ces propos n’appartiennent pas à Pignouf mais à Iva Roudnikova, qui écrit dans l’hebdomadaire bulgare Kapital (fondé en 1992). On peut lire son article, traduit en français, dans le Courrier International, n° 949, du 8 au 14 janvier 2009, p. 22. Que s’est-il donc passé en Bulgarie en novembre 1989 ? Todor Jivkov fut écarté du pouvoir le 10, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, à la faveur d’une révolution de palais. Il fut remplacé par un autre communiste, Petar Mladenov, considéré comme plus libéral que Jivkov sans être vraiment réformiste : il était très proche de Moscou.

 

Cliquer ici pour plus de précisions sur le site de l’Université de Sherbrook.

 

« Hé, oh ! Pignouf ? »

Excusez-moi de vous infliger cette interpellation inopportune, mais je vois que Pignouf est parti dans ses rêves, ou plutôt dans ses souvenirs ; il avait 13 ans en 1989 et se rappelle très bien avoir… Enfin bon, cela ne concerne ni le Danube, ni les Bulgares !

« Pignouf ?

        Oui ?

        Tu crois vraiment que le Danube se détourne de la Bulgarie à cause de 1989-2009 ?

        C’est troublant, non ?

        Puis-je toutefois t’apporter une seule contradiction ?

        Je réponds de tout et tu ne m’effraies plus avec tes raisonnements cartésiens !

        Eh bien, tu savais que le Danube traversait l’Europe d’Ouest en Est et qu’il coulait déjà ainsi bien avant 1989 ?

       

        Et tu savais que le Danube se jetait dans la mer Noire avant même que les républiques socialistes soviétiques ne voient le jour ?

       

        Car vois-tu, je pense même que le Danube se jetait dans la mer Noire avant le Déluge !

        RanDom… J’appelle tout de suite Noé et je lui demande de donner la place qui t’était réservée, sur son ferry-boat, au moustique. »

 

Pour savoir quel moustique a piqué Pignouf sur les bords du Danube, un petit extrait d’un film bulgare et un lien pour vous expliquer The Mosquito’s Problem.


Par RanDom
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Mercredi 14 janvier 2009

De Richard Brautigan, j’ai lu Sucre de Pastèque, Un privé à Babylone et Tokyo-Montana express… Chaque fois, ce fut un régal, une évasion : il suffit que Pignouf me présente des passages de cet auteur pour que j’abandonne sur le champ toute étude d’histoire. Comme si le plus important était de lever le nez pour regarder les nuages.



Richard Brautigan est le genre d’écrivain qui vous dissuade de le devenir à votre tour, écrivain… À quoi bon ? Puisqu’il existe déjà, Richard Brautigan.

 

Je vous ai recopié, dès lundi, un extrait relatif à la plus petite tempête de neige jamais recensée dans l’Histoire du monde. En plus d’atteindre les sommets de la littérature (américaine et humaine), Richard Brautigan est capable de s’insinuer dans les failles d’un blog aux penchants d’historien. Les deux passages suivants vous confirmeront, si besoin était encore, que la littérature sachant chatouiller vos hormones d’Histoire et de Géographie, peut vous faire voyager aussi bien sur Terre que dans l’Imaginaire.

 

Richard Brautigan nous avertit cependant : le Tokyo-Montana express est un train à grande vitesse ! C’est pourquoi il faut savourer le plus longtemps possible, et toujours relire, les nombreux arrêts qu’il a placés sur son parcours. Certaines de ces stations déploient leur nom avec confiance et d’autres sont encore à la recherche de leur identité…

Nuages sur l’Égypte

 

Un train a quitté Le Caire et fait route vers Alexandrie. Cela se passe en Égypte, par une journée de ciel bleu à nuages blancs. Moi, je suis en Californie et je regarde le train traverser mon écran de télévision : je me sens très loin du Moyen-Orient.

 

Pourquoi faut-il donc qu’alors que toujours j’en suis à regarder mon train tout d’un coup des nuages égyptiens me tirent l’œil ? Cela fait des semaines, voire des mois, que je n’ai plus vu de nuages. Que tout simplement je ne m’intéresse plus à la chose. Y a-t-il longtemps que je n’y prête plus attention ?

 

Dans ce train, il y a deux passagers : Jimmy Carter, président des États-Unis d’Amérique et Anouar el-Sadate, son homologue égyptien. Tous deux cherchent à faire la paix avec Israël. On est en plein désert, quelque part. Et pendant que toujours ainsi on en est à chercher la paix, moi je regarde les nuages et là, essaie de voir ce qu’ils sont dans ma vie.

 

Comme si dans l’Histoire chacun n’avait pas un rôle à jouer.

Comme si moi, mon rôle, ce n’était pas de m’occuper des nuages.


[Note de RanDom : 30 ans avant Barack Obama, Jimmy Carter fut le 39e Président des Etats-Unis d'Amérique (1977-1981) ; Anouar el-Sadate, après la guerre du Kippour (1973), obtint pourtant le Prix Nobel de la Paix (1978) suite aux Accords de Camp David (aux USA) ; malheureusement, ces accords provoquèrent une vague d'opposition en Egypte et, en octobre 1981, Anouar el-Sadate fut assassiné par un groupe de militants islamistes... Voilà pour les informations, je vous laisse libre, à présent (2009), de contempler les nuages, blancs. Et noirs.]

Océan Pacifique

 

Aujourd’hui, sur le quai de la gare de Shinjuku où j’étais à attendre le train de Yamanote, j’ai songé à l’océan Pacifique.

Je ne sais pas pourquoi j’ai songé à un Pacifique qui s’engouffrait en lui-même, s’entre-dévorait et océan, se bouffait les intérieurs, se faisait si petit si petit que déjà il n’était pas plus grand que l’État du Rhode Island et toujours continuait à s’avaler et à se rétrécir, – et avec quel appétit ! – à s’alourdir aussi parce qu’alors tout ce que pèse le Pacifique se rentrait dans une forme de plus en plus petite et là tout amassé, se faisait goutte d’eau unique pesant des milliards et des milliards de tonnes. C’est alors que le train est arrivé et comment dirais-je ? c’était pas trop tôt.

J’ai laissé le Pacifique derrière moi, là, sur le quai, juste en dessous d’un papier de bonbon.

Qui est Richard Brautigan ?

Puisque nous passons par le Japon, j'ajoute, pour ne pas finir, quelques grappes de sa poésie...

Chapitre 24 : Tout
Chapitre 25 : Va bien se passer
Chapitre 26 : Tu parles


Imaginons que mon esprit soit un taxi
Et puis soudain
Bon dieu qu'est-ce qui se passe ?
Vous vous retrouvez à l'intérieur.

Question 1 : Est-ce défendu par la loi de manger une glace en enfer ?

Pondre sur le champ
Un oeuf enchanté

Ce poème est-il si beau que deux billets de 5 dollars frottés l'un contre l'autre ?

L'été ne dure qu'un jour
La mort aussi

Par RanDom
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Des mots entre nos chairs

Notre plaisir tient à ce baiser mêlant aux mots des autres nos propres mots pour composer des chairs, des chairs qui, entre nous, pourraient nous rendre légèrement sensibles. Alors bienvenue sur ces rives où Dam & son coblogataire Pignouf vous accompagnent.

De leur écriture.

Et n'oubliez pas de balancer votre petit caillou pour en compter les ricochets. On ne sait jamais, peut-être bien que l'Auzette...

Quelques notes de passage

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